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    <description>Les actualités RSLN</description>
    <link>http://www.regardssurlenumerique.com/</link>
    <title>Regards sur le numérique</title>
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      <title>Regards sur le numérique</title>
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      <description>Description</description>
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    <language>fr</language>
    <lastBuildDate>Wed, 10 Mar 2010 03:43:51 GMT</lastBuildDate>
    <pubDate>Mon, 08 Feb 2010 00:00:00 GMT</pubDate>
    <item>
      <description><![CDATA[<div>
    <div>Alexis Mons : Libérons les données publiques !</div>
    <div><i>Cofondateur et directeur délégué général, Groupe Reflect, agence de marketing interactif et relationnel</i></div>
    <div>Si l'enjeu du grand emprunt est de cr&eacute;er de nouveaux gisements de valeur, je crois qu'il faut simplement que l'Etat lib&egrave;re celui sur lequel il est assis : la donn&eacute;e publique.
En ce domaine, il n'a manqu&eacute; ni de rapports ni de brillants esprits pour &eacute;clairer cette opportunit&eacute;. Les &eacute;tudes de cas sont l&eacute;gions, celui de la cartographie est bien connu, sans parler du cas des contenus culturels, et alors que l'on tourne en rond &agrave; chercher des mod&egrave;les de valorisation num&eacute;riques.
Ce serait &eacute;galement l'occasion de travailler vraiment la question des licences alternatives, de lancer de nouveaux mod&egrave;les, sans parler de dynamiser la valorisation de la recherche. La donn&eacute;e publique est un gigantesque gisement de valeur, si tant est qu'on la lib&egrave;re ! Avec le grand emprunt, l'Etat a l'occasion de transformer ses intentions et de changer de si&egrave;cle.
Pour le reste, que l'Etat se dote d'une infrastructure de &quot;cloud&quot; me para&icirc;t une &eacute;vidence. On assiste encore une fois, au travers de cette impulsion attendue, &agrave; un nouvel exemple qui veut que, sans l'Etat, rien ne se passe. Personnellement, je pense que le sujet devrait &ecirc;tre europ&eacute;en, mais l&agrave;, c'est tr&egrave;s tr&egrave;s flou, malheureusement &hellip;</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Jean-noël Lafargue : La cartographie et les données publiques</div>
    <div><i>Maître de conférences associé à l'Université Paris 8, enseignant le multimédia dans plusieurs écoles d'art : Le Havre, Rennes, e-Artsup</i></div>
    <div>&Eacute;tait-il utile de contracter un nouvel emprunt ? Une manne financi&egrave;re suffira-t-elle &agrave; r&eacute;gler les probl&egrave;mes d'ordre psychologique dont la France fait preuve dans son rapport aux nouvelles technologies ? Nos &eacute;lites d&eacute;cidantes se sont presque toujours montr&eacute;es complex&eacute;es vis &agrave; vis du monde anglo-saxon, alternant orgueil d&eacute;mesur&eacute; et suivisme timor&eacute; sans oublier un m&eacute;pris aux effets d&eacute;vastateurs pour tout ce qui fonctionne avec un clavier et un &eacute;cran. En &eacute;tant taquin, on pourrait m&ecirc;me faire remarquer que les aides d'&eacute;tat re&ccedil;ues par le domaine des NTIC fran&ccedil;aise ont souvent port&eacute; pr&eacute;judice &agrave; ses acteurs dans le pass&eacute;.
Pourtant la puissance industrielle de la France n'est pas ridicule et sa recherche en informatique a toujours &eacute;t&eacute; tr&egrave;s dynamique. Parmi les domaines qui m&eacute;ritent un coup de pouce et o&ugrave; l'intervention de l'Etat peut &ecirc;tre profitable, je verrais l'investissement dans la recherche informatique sans b&eacute;n&eacute;fices chiffrables, la mise &agrave; disposition libre de certaines bases de donn&eacute;es publiques (cartographie par exemple) ou encore l'&eacute;ducation du public &ndash; de tous &acirc;ges &ndash; &agrave; une approche non-passive des outils informatiques.</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Fred Bordage : Le développement durable, oublié du grand emprunt</div>
    <div><i>Expert TIC durables et Green IT, fondateur de GreenIT.fr</i></div>
    <div>Alors que les Technologies de l&rsquo;Information et de la Communication (TIC) permettraient, selon le rapport Smart 2020, de r&eacute;duire les &eacute;missions de CO2 de l&rsquo;humanit&eacute; de 15% d&rsquo;ici 2020, le grand emprunt fait totalement l&rsquo;impasse sur les TIC durables, ou sustainable ICT / Green IT en anglais.
La France et l&rsquo;Europe auraient par exemple tout int&eacute;r&ecirc;t &agrave; d&eacute;velopper le covoiturage. Mais pas un euro du grand emprunt n&rsquo;est consacr&eacute; aux sites web et aux technologies qui soutiennent ce changement profond de comportement des citoyens. Pourtant, sans site web il est impossible d&rsquo;industrialiser le covoiturage. Et on imagine facilement que d&rsquo;ici quelques ann&eacute;es, le leader mondial du covoiturage aura un poids &eacute;conomique tr&egrave;s important.
Le grand emprunt oublie aussi de d&eacute;velopper l&rsquo;&eacute;conomie circulaire et le r&eacute;emploi. Cette pratique consiste &agrave; recycler des d&eacute;chets &eacute;lectroniques pour fabriquer de nouveaux appareils &eacute;lectroniques. Dans un monde aux ressources finies et dont le co&ucirc;t ne cesse d&rsquo;augmenter, la capacit&eacute; &agrave; reconditionner du mat&eacute;riel d&rsquo;occasion ou &agrave; r&eacute;employer des composants sera pourtant un facteur de comp&eacute;titivit&eacute; important.</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Eric Legale : Des contenus accessibles</div>
    <div><i>Directeur d’ISSY MEDIA, Société d’Economie Mixte chargée de la communication et des Technologies de l’Information de la ville d’Issy-les-Moulineaux</i></div>
    <div>Pourquoi ne pas nous inspirer des britanniques qui viennent de d&eacute;bloquer 30 millions de livres sterling (environ 34 millions d&rsquo;euros) pour permettre &agrave; un million de personnes d&eacute;favoris&eacute;es d&rsquo;&ecirc;tre connect&eacute;es dans les trois ans. Un appel &agrave; projets a &eacute;t&eacute; lanc&eacute; pour permettre aux collectivit&eacute;s locales, aux biblioth&egrave;ques, aux points d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;Internet, et aux cyberbases de proposer les meilleures solutions pour apprendre &agrave; se servir d&rsquo;Internet. 
Car, avant de demander &agrave; une population d&eacute;munie et peu dipl&ocirc;m&eacute;e de prendre un abonnement &agrave; l&rsquo;Internet, il faut d&rsquo;abord leur apprendre &agrave; se servir d&rsquo;un ordinateur et &agrave; naviguer sur le web. Pour y parvenir, tous les projets devront obligatoirement utiliser &laquo; My Guide &raquo;, une plateforme de contenus p&eacute;dagogiques clairs et simples pour former un public peu &agrave; l&rsquo;aise avec un clavier &agrave; franchir les premi&egrave;res &eacute;tapes d&rsquo;utilisation d&rsquo;un ordinateur et de l&rsquo;Internet. 
Tout le monde est d&rsquo;accord pour dire qu&rsquo;il faut investir dans la num&eacute;risation des contenus culturels, dans la simplification des services publics en ligne ou dans la cr&eacute;ation d&rsquo;un &eacute;cosyst&egrave;me vertueux pour les entreprises innovantes. Investir dans la production de contenus accessibles pour convaincre ceux qui n&rsquo;ont pas encore rejoint le monde num&eacute;rique me semble tout aussi prioritaire. </div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Elena Pasquinelli : Des contenus capables de franchir les murs</div>
    <div><i>Chercheuse, coordinatrice du groupe Compas</i></div>
    <div>Il est souvent utile de faire des voyages au moins virtuels dans les pays en voie de d&eacute;veloppement, pour voir ce qu&rsquo;ils osent inventer pour amener l&rsquo;alphab&eacute;tisation &ldquo;traditionnelle&rdquo; et celle num&eacute;rique dans leurs &eacute;coles, et non seulement dans les &eacute;coles.

Voici d&eacute;j&agrave; une source d&rsquo;inspiration : penser des contenus qui sont capables de franchir les murs de l&rsquo;&eacute;cole, d&rsquo;avoir leurs usages formels mais aussi informels. Ce sont ces usages qui permettront de r&eacute;aliser l&rsquo;id&eacute;al de l&rsquo;apprentissage toute la vie, un apprentissage qui ne peut pas se laisser contenir par des structures physiques pr&eacute;cises. Donc contenus qui peuvent &ecirc;tre acc&eacute;d&eacute;s en autonomie, formes de tutorat &agrave; distance, logiciels et applications qui facilitent la t&acirc;che de s&rsquo;orienter dans l&rsquo;information, ou de s&rsquo;entrainer, comme les jeux s&eacute;rieux. Le tout confectionn&eacute; &agrave; la fois pour l&rsquo;ordinateur, mais aussi pour des hardwares plus souples, comme les t&eacute;l&eacute;phones portables, qui nous suivent partout et sont toujours &agrave; disposition.

Un exemple : le tutorat en math&eacute;matiques d&eacute;velopp&eacute; par Meraka Institute (R&eacute;publique Sud-africaine) et qui exploite un social network tr&egrave;s aim&eacute; par les jeunes de ce pays : MXit. Ca devient Math on MXit.
&nbsp;</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Alain-Marie Bassy : Une ingénierie pédagogique du numérique est nécessaire</div>
    <div><i>Inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, co-animateur de la cellule TIC des inspections générales</i></div>
    <div>Assez dr&ocirc;le cette lettre au P&egrave;re No&euml;l pour les grands enfants du num&eacute;rique que nous sommes ! Mais allons-y, r&ecirc;vons un peu ! La premi&egrave;re chose &agrave; faire : cesser de raisonner en contenant et contenu, en hard et soft, en tuyau et fluide quand tout nous apprend aujourd&rsquo;hui (et l&rsquo;iPad encore r&eacute;cemment&hellip;) que ces deux l&agrave; ne font plus qu&rsquo;un. 
Les &laquo; contenus &raquo; qu&rsquo;on veut financer seront des dispositifs globaux, des m&eacute;dia-services ou des syst&egrave;mes interactifs associant outil et message, inscription et transmission, savoir et apprentissage, r&eacute;alit&eacute; et virtuel. Mais probl&egrave;me : on ne sait pas faire, du moins dans le syst&egrave;me &eacute;ducatif. Trop souvent, les logiques anciennes pr&eacute;valent encore, tant pour les contenants que pour les contenus num&eacute;riques. La num&eacute;risation des manuels scolaires en dit long sur ce point.&nbsp; 

Alors investissons plut&ocirc;t dans la construction d&rsquo;une v&eacute;ritable ing&eacute;nierie p&eacute;dagogique du num&eacute;rique. Parions sur le &laquo; savoir-faire des savoirs &raquo; plus que sur d&rsquo;improbables contenus. Cela suppose un triple effort financier : pour former &agrave; un m&eacute;tier aussi l&eacute;gitime que celui d&rsquo;enseignant, pour soutenir des projets innovants de R &amp; D, pour aider et accompagner dans sa reconversion progressive le secteur de l&rsquo;&eacute;dition et de la production de ressources p&eacute;dagogiques. Un tel investissement promet quelque retour. L&rsquo;ing&eacute;nierie &eacute;ducative est exportable. Plus que nos anc&ecirc;tres les Gaulois (quoique deux d&rsquo;entre eux.. !).&nbsp; </div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Marcel Desvergne : Plus qu’un emprunt il s’agit d’un investissement.</div>
    <div><i>Président de l'AEC, Aquitaine Europe Communication, délégué Général de l’Université d’Eté de la Communication de 1980 à 2002.</i></div>
    <div>Quatre enjeux de l&rsquo;&eacute;cosyst&egrave;me num&eacute;rique, sur dix ans,&nbsp; vus depuis un des territoires de la mondialisation, l&rsquo;Aquitaine, motive mon choix.

1 - La num&eacute;risation des savoirs : La num&eacute;risation syst&eacute;matique de toutes les formes&nbsp; de savoirs et leur rangement organis&eacute;, &laquo; gouttelettes &raquo;&nbsp; au sein du nuage num&eacute;rique mondial en expansion.

2 - Les bastides num&eacute;riques : Les lieux de stockages et leur obligatoire s&eacute;curit&eacute;, bastides num&eacute;riques ouvertes &agrave; la &laquo; cueillette &raquo; de proximit&eacute; comme &agrave; celle de pr&eacute;dateurs lointains. 

3 - Les moteurs de recherche : Les gestions crois&eacute;es de ces donn&eacute;es accessibles par le plus grand nombre, donc les futurs moteurs de recherche, clefs du partage des connaissances d&rsquo;hier, d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et de demain.

4 - La conduite du monde num&eacute;rique : La formation de nouveaux &laquo; hussards du num&eacute;rique &raquo; pour la&nbsp; conduite et la maitrise d&rsquo;un monde num&eacute;rique o&ugrave; des liens se tissent alors que d&rsquo;autres sont d&eacute;truits.

Investir dans l&rsquo;avenir c&rsquo;est aussi investir sur des femmes et des hommes qui auront &agrave; aiguiller l&rsquo;&eacute;volution de notre univers immat&eacute;riel. Dans le num&eacute;rique, ne jamais oublier les facteurs humains ! </div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Charles Simon : Vive les contenus illégaux !</div>
    <div><i>Avocat au Barreau de Paris, collaborateur SCP Duclos Thorne Mollet-Viéville
</i></div>
    <div>Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;id&eacute;es pr&eacute;con&ccedil;ues sur les contenus qui doivent b&eacute;n&eacute;ficier des 2 milliards du Grand Emprunt. Mais je sais une chose : certains seront ill&eacute;gaux, surtout parmi ceux qui innovent.
Car, bien souvent, l&rsquo;ill&eacute;galit&eacute; est un passage oblig&eacute;. Oh, pas qu&rsquo;on ait un penchant pervers pour le c&ocirc;t&eacute; obscur mais pour une raison simple : quand on innove, on est seul. Et, en plus du risque &eacute;conomique, il faut souvent supporter le risque juridique.
Personne n&rsquo;a jamais tent&eacute; ce que vous voulez tenter ? D&eacute;brouillez-vous ! Vous ne pouvez pas assurer que votre business sera une machine &agrave; cash ? D&eacute;brouillez-vous ! Mais soyez s&ucirc;r que, si &ccedil;a marche, il sera toujours temps de passer &agrave; la caisse, plus tard, pour r&eacute;gler toutes ces questions qui n&rsquo;int&eacute;ressaient que vous quand vous n&rsquo;&eacute;tiez personne. Je n&rsquo;ai donc pas d&rsquo;id&eacute;es pr&eacute;con&ccedil;ues sur les contenus qui doivent b&eacute;n&eacute;ficier des 2 milliards du Grand Emprunt mais tous mes v&oelig;ux accompagnent ces innovateurs qui se lancent, bille en t&ecirc;te, dans l&rsquo;inconnue et l&rsquo;incertitude.</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Christine Balagué : Un réseau social national des entrepreneurs numériques pour soutenir 5.000 projets</div>
    <div><i>Chercheuse à l’Institut Telecom & Management et co-présidente du Think Tank Renaissance Numérique</i></div>
    <div>Les modalit&eacute;s de l&rsquo;innovation dans l&rsquo;industrie num&eacute;rique repose sur la multiplication de prototypes &agrave; g&eacute;n&egrave;se rapide. Nous ne savons pas aujourd&rsquo;hui qui sera le champion de 2015 et encore moins celui de 2020 : il est donc indispensable de d&eacute;multiplier l&rsquo;amor&ccedil;age de projets innovants port&eacute;s par des entrepreneurs.

L&rsquo;un des enjeux du grand emprunt sur le num&eacute;rique concerne la m&eacute;thode. La facilit&eacute; incite la puissance publique &agrave; se tourner vers les institutions, mais il est important que l&rsquo;Etat privil&eacute;gie la d&eacute;centralisation et la micro-&eacute;conomie. La culture du r&eacute;seau est au c&oelig;ur de l&rsquo;&eacute;conomie num&eacute;rique. Internet est un r&eacute;seau, il est aujourd&rsquo;hui plus que jamais social, mobile, en temps r&eacute;el.&nbsp; D&egrave;s lors, qui, mieux que les acteurs de l&rsquo;&eacute;conomie num&eacute;rique, connect&eacute;s sur la Toile, sont en capacit&eacute; de relayer l&rsquo;emploi des fonds publics apport&eacute;s par le Grand Emprunt ?

Constituer un r&eacute;seau social de 250 chefs d&rsquo;entreprise reconnus et respect&eacute;s de l&rsquo;&eacute;conomie num&eacute;rique, dans toutes les r&eacute;gions de France, qui, mobilis&eacute;s dans une d&eacute;marche citoyenne, apporteront leur expertise pour identifier les bons projets &eacute;mergeant en attente de financement, formaliser leur &eacute;valuation et accompagner les jeunes pousses. Ce r&eacute;seau social de proximit&eacute; apporterait un soutien efficace aux administrations centrales et territoriales engag&eacute;es sur le terrain pour d&eacute;ployer les investissements du Grand Emprunt. Il permettra de multiplier les investissements &ndash; de 50.000 &euro; &agrave; 250.000 &euro; - et pourquoi pas, de donner vie &agrave; 5.000 nouvelles entreprise num&eacute;riques et cr&eacute;er, &agrave; l&rsquo;horizon 2015, 100.000 emplois qualifi&eacute;s et une centaine de champions europ&eacute;ens &hellip;</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Pierre Gattaz : Infrastructures et contenus sont indissociables !</div>
    <div><i>Président du groupe STIC des Etats-Généraux de l’Industrie et Président de la FIEEC</i></div>
    <div>Le Grand Emprunt et les Etats G&eacute;n&eacute;raux de l&rsquo;Industrie ont identifi&eacute;, &agrave; juste titre, le num&eacute;rique parmi les grands chantiers d&rsquo;investissements strat&eacute;giques pour le futur. En effet, les Services et Technologies de l&rsquo;Information et de la Communication (STIC) sont le fondement de la comp&eacute;titivit&eacute; globale de l&rsquo;ensemble du tissu &eacute;conomique, industriel ou de service, et l&rsquo;un des moteurs puissant d&rsquo;&eacute;volution et de croissance durable de notre soci&eacute;t&eacute;, soucieuse de son impact sur l&rsquo;environnement.
Leur g&eacute;n&eacute;ralisation dans l&rsquo;ensemble des processus (productifs, de contr&ocirc;le, informationnels&hellip;), permet des innovations de rupture pour tous les secteurs, industriels et de service, mais &eacute;galement dans les usages (sant&eacute;, administration, &eacute;ducation&hellip;). Nous sommes aujourd&rsquo;hui &agrave; l&rsquo;aube d&rsquo;une nouvelle rupture qui va conduire de l&rsquo;utilisation d&rsquo;outils de communication (ordinateurs, PDA&hellip;), &agrave; l&rsquo;int&eacute;gration fluide des technologies de l&rsquo;information et de la communication dans tous les objets et processus, voire dans le corps humain. Cette nouvelle r&eacute;volution va rebattre les cartes des pays leaders.
L&rsquo;innovation durable viendra donc du lien r&eacute;ussi, notamment sur un territoire, entre innovation technologique / innovation de service / innovation d&rsquo;usage. Il nous faut travailler sur les trois dimensions en parall&egrave;le pour esp&eacute;rer r&eacute;ussir. C&rsquo;est pourquoi, les projets qui seront financ&eacute;s devront s&rsquo;appuyer sur les forces de la France dans les technologies et permettre le d&eacute;veloppement de services et usages innovants : cloud computing, smart grid, transports et routes intelligentes, s&eacute;curit&eacute;, t&eacute;l&eacute; sant&eacute; et t&eacute;l&eacute; m&eacute;decine&hellip;&nbsp; Infrastructures et contenus du num&eacute;rique sont indissociables : leur d&eacute;veloppement doit &ecirc;tre simultan&eacute;, sous peine de n&rsquo;obtenir qu&rsquo;une partie des potentialit&eacute;s escompt&eacute;es.</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Domnique Sciamma : Du contenu, des contenants…</div>
    <div><i>Directeur du département "Systèmes et Objets Interactifs" à Strate Collège Designers (Ecole Supérieure de Design Industriel)</i></div>
    <div>Il y a une tendance naturelle chez l&rsquo;humain &agrave; projeter sur l&rsquo;avenir sa vision du pass&eacute;, et les films de SF des ann&eacute;es 50 o&ugrave; les ordinateurs r&ecirc;v&eacute;s et clignotants de &laquo; l&rsquo;an 2000 &raquo; avalent des cartes perfor&eacute;es nous le rappellent de mani&egrave;re savoureuse. Je ne voudrais pas que cela soit le cas des contenus num&eacute;riques.

Le num&eacute;rique sera la grande affaire du Grand Emprunt, et dans le num&eacute;rique, les fameux contenus en seront la substance. J&rsquo;ai bien peur qu&rsquo;encore une fois les &laquo; d&eacute;cideurs &raquo; ne soient capables de ne financer que ce qu&rsquo;ils connaissent, donc ce qui les rassurent, et ne laissent alors de c&ocirc;t&eacute; ce qui fera les richesses de demain, que d&rsquo;autres moissonneront &agrave; notre place, apr&egrave;s les avoir fait cro&icirc;tre.

Il y a une forme d&rsquo;hypnotisme en mati&egrave;re de contenus &agrave; ne les consid&eacute;rer que comme immat&eacute;riels : Des jeux vid&eacute;o &ndash; qu&rsquo;ils soient s&eacute;rieux ou futiles &ndash; des e-books aux e-shopping, de Second Life &agrave; la r&eacute;alit&eacute; augment&eacute;e&nbsp; - la virtualit&eacute; serait le seul et ultime horizon digital. Nous pensons radicalement, qu&rsquo;au contraire, les enjeux du num&eacute;rique se trouvent dans le monde mat&eacute;riel, dans la corporalit&eacute;, dans la sensualit&eacute;.

La promesse du num&eacute;rique n&rsquo;est pas derri&egrave;re l&rsquo;&eacute;cran, elle est dans l&rsquo;objet. En le r&eacute;investissant, la combinaison &laquo; I.A + T&eacute;l&eacute;com + Nano &raquo; nous permet de r&ecirc;ver un monde d&rsquo;objets intelligents, interconnect&eacute;s, porteurs d&rsquo;exp&eacute;riences autant que de services et de fonctions. Il nous faut donc investir dans ces objets robotis&eacute;s, ces &laquo; Robjets &raquo;, qui seront alors paradoxalement des contenus autant que des contenants. Comme le message &eacute;tait le m&eacute;dium, le contenu sera le contenant.
&nbsp;</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Yacine Aït Kaci : Une industrie relocalisée « à la demande »</div>
    <div><i>Fondateur d'Electronic Shadow</i></div>
    <div>Pourquoi ne pas profiter de cet emprunt exceptionnel pour imaginer un changement de mentalit&eacute; tout aussi exceptionnel en France en favorisant r&eacute;ellement la convergence, pas seulement sur le papier mais en croisant enfin les disciplines du contenu, arts, sciences, technologies. 
Un grand chantier strat&eacute;gique semble &ecirc;tre le passage d&rsquo;une industrie d&eacute;localis&eacute;e de la d&eacute;multiplication &agrave; une industrie relocalis&eacute;e &laquo; &agrave; la demande &raquo;, &agrave; travers notamment l&rsquo;&eacute;mergence et le potentiel du prototypage rapide. La mati&egrave;re premi&egrave;re de l'industrie de demain sera la mati&egrave;re grise.</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Nils Aziosmanoff  :  Misons sur la création numérique ! </div>
    <div><i>Président du CUBE, centre de création numérique, président de NAVIDIS SA</i></div>
    <div>C&rsquo;est toute la soci&eacute;t&eacute; qui se r&eacute;invente sous la pouss&eacute;e du num&eacute;rique : l&rsquo;&eacute;conomie, la culture, l&rsquo;&eacute;ducation, les relations humaines vont s&rsquo;en trouver compl&egrave;tement modifi&eacute;es. Pourtant, un r&eacute;cent rapport sur l&rsquo;innovation montre que la performance des entreprises fran&ccedil;aises se situe au 10&egrave;me rang dans l&rsquo;union europ&eacute;enne, derri&egrave;re les pays scandinaves, l&rsquo;Allemagne et le Royaume-Uni (voir Pour une nouvelle vision de l&rsquo;innovation - avril 2009, Pascal Morand et Delphine Manceau)

Dans le domaine de l&rsquo;&eacute;ducation par exemple, la France arrive en queue du peloton europ&eacute;en, en 24&egrave;me position. Est-ce si &eacute;tonnant, quand on sait que la part de financement affect&eacute;e &agrave; la cr&eacute;ation de contenus p&eacute;dagogiques num&eacute;riques repr&eacute;sente moins de 10% de l&rsquo;investissement en mat&eacute;riel informatique pour les &eacute;coles ? On pose des tuyaux, mais pour favoriser quels contenus, quels usages ? 

L&rsquo;innovation est de plus en plus le fruit de processus cr&eacute;atifs et de valeurs &laquo; non technologiques &raquo;. La cr&eacute;ation num&eacute;rique dans toute sa diversit&eacute; invente de nouvelles formes, explore de nouveaux paradigmes d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la connaissance, de repr&eacute;sentation et d&rsquo;&eacute;change, qui &eacute;largissent nos imaginaires collectifs. A l&rsquo;instar du jeu vid&eacute;o, le partenariat entre la cr&eacute;ation et l&rsquo;innovation stimule l&rsquo;&eacute;closion de nouveaux contenus et usages. Parce qu&rsquo;elle repr&eacute;sente un secteur aujourd&rsquo;hui tr&egrave;s actif qui peut jouer un r&ocirc;le majeur dans la dynamique d&rsquo;innovation, misons sur la cr&eacute;ation num&eacute;rique ! </div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Malo Girod de l’Ain : Investir dans l’art numérique </div>
    <div><i>Malo Girod de l’Ain, Digital art international (digitalarti.com), première plate-forme internationale sur l’art numérique.</i></div>
    <div>
Au milieu des nombreuses options pour le Grand Emprunt, pourquoi investir dans l&rsquo;art num&eacute;rique ? 

Pour la diffusion d&rsquo;une culture de l&rsquo;innovation : de tous temps, les artistes ont &eacute;t&eacute;&nbsp; &agrave; l&rsquo;avant-garde des &eacute;volutions de la soci&eacute;t&eacute;. Les artistes num&eacute;riques le sont &eacute;galement mais ajoutent &agrave; cela un travail, un d&eacute;tournement, des cr&eacute;ations avec les technologies d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et de demain. Cette particularit&eacute; permet de diffuser dans les territoires, dans les collectivit&eacute;s, dans les entreprises, dans les universit&eacute;s&hellip; une r&eacute;elle culture de l&rsquo;innovation. Le grand emprunt cherche &agrave; privil&eacute;gier des investissements &agrave; fort levier : c&rsquo;est exactement ce qu&rsquo;apporte un investissement dans l&rsquo;art num&eacute;rique ! 

Pour l&rsquo;imagination au pouvoir : La France n&rsquo;est plus une soci&eacute;t&eacute; agricole ni industrielle mais de service (&agrave; 70% du PIB). Pour cr&eacute;er les services innovants de demain, il faut porter l&rsquo;imagination au pouvoir, ce que font les artistes num&eacute;riques tous les jours. 

Pour affirmer la place de la cr&eacute;ation fran&ccedil;aise dans le monde : les artistes num&eacute;riques fran&ccedil;ais sont nombreux, talentueux, d&eacute;j&agrave; reconnus &agrave; l&rsquo;international. Il leur manque encore la reconnaissance et le soutien &agrave; la diffusion pour leur permettre un large rayonnement international que n&rsquo;ont pas r&eacute;ussi les artistes de la cr&eacute;ation contemporaine &laquo; classique &raquo;.

En conclusion, investir dans l&rsquo;art num&eacute;rique est un volet indispensable de ce Grand Emprunt num&eacute;rique pour pr&eacute;parer la France &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie num&eacute;rique de demain.
</div>
    <br /><br />
</div>]]></description>
      <guid>http://www.regardssurlenumerique.com/le-debat-rsln/2010/2/8/grand-emprunt-et-numerique_2-milliards-d-euros-pour-les-contenus_mais-lesquels_/</guid>
      <link>http://www.regardssurlenumerique.com/le-debat-rsln/2010/2/8/grand-emprunt-et-numerique_2-milliards-d-euros-pour-les-contenus_mais-lesquels_/</link>
      <title>Grand emprunt et numérique : 2 milliards d euros pour les contenus… mais lesquels  ?</title>
      <pubDate>Mon, 08 Feb 2010 00:00:00 GMT</pubDate>
    </item>
    <item>
      <description><![CDATA[<div>
    <div>Emmanuel Hoog : Donner des repères</div>
    <div><i>Président-directeur général de l’Ina (Institut national de l’audiovisuel) </i></div>
    <div>La question de l&rsquo;&eacute;ducation au num&eacute;rique nous place aujourd&rsquo;hui face &agrave; un paradoxe apparent : les jeunes sont souvent bien plus pointus dans ce domaine que les adultes, au point qu&rsquo;on pourrait se demander si ce ne sont pas plut&ocirc;t eux qui devraient nous &eacute;duquer !

En r&eacute;alit&eacute;, l&rsquo;enjeu principal est donc moins d&rsquo;enseigner le maniement technique des nouveaux outils num&eacute;riques que de donner des rep&egrave;res pour une utilisation critique et raisonn&eacute;e de ces technologies, et tout particuli&egrave;rement d&rsquo;Internet. Les digital natives sont comme des poissons dans l&rsquo;eau sur le Web, mais ils manquent de recul et de discernement face &agrave; cette masse d&rsquo;information foisonnante, o&ugrave; tout semble se valoir.

Pourquoi telle page appara&icirc;t-elle en t&ecirc;te de ma requ&ecirc;te sur Google ? Puis-je faire confiance &agrave; Wikipedia ? Comment distinguer les donn&eacute;es fiables des autres ? Telles sont, parmi beaucoup d&rsquo;autres, les questions auxquelles une v&eacute;ritable &eacute;ducation au num&eacute;rique doit r&eacute;pondre.

C&rsquo;est bien s&ucirc;r l&rsquo;affaire des parents et des enseignants, et plus largement des pouvoirs publics : il faut en effet &laquo; civiliser &raquo; Internet, en multipliant les lieux de savoir authentifi&eacute;s, avec une labellisation claire.</div>
    <br /><br />
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    <div>Bruno Latour : La barrière entre enseignés et enseignants est tombée</div>
    <div><i>Directeur scientifique, directeur du médialab de Sciences Po Paris</i></div>
    <div>Le num&eacute;rique a ceci de particulier qu&rsquo;il r&eacute;alise le r&ecirc;ve de Mai 68 d&rsquo;effacer la barri&egrave;re entre &laquo; enseign&eacute;s et enseignants &raquo;, comme on disait alors : les enfants apprennent aux parents, les techniciens aux ing&eacute;nieurs, les usagers aux d&eacute;panneurs, les artistes aux scientifiques, les actionnaires aux entrepreneurs.

Cette distribution inhabituelle &eacute;chappe tout &agrave; fait au mod&egrave;le usuel de percolation du savoir &agrave; partir de ces lieux autoris&eacute;s. Et en m&ecirc;me temps, chacun de ces apprentissages, &agrave; cause m&ecirc;me de sa dispersion, se fait au hasard et laisse partout d&rsquo;&eacute;normes lacunes. Il faut donc inventer de nouveaux modes par la pratique.

A Sciences Po, nous le faisons par des cours sp&eacute;cialis&eacute;s &ndash;de cartographie de controverses- qui portent sur des objets num&eacute;riques nouveaux int&eacute;gr&eacute;s aux corpus classiques mais compl&egrave;tement renouvel&eacute;s par le num&eacute;rique. Cela nous permet de prendre en compte le foisonnement d&rsquo;innovations qui est particulier au num&eacute;rique et en m&ecirc;me temps respecter le rythme et les habitudes de l&rsquo;apprentissage universitaire toujours n&eacute;cessaire.</div>
    <br /><br />
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    <div>Bernard Stiegler :  Apprendre sans passer par des institutions ou des services</div>
    <div><i>Directeur de l’Institut de recherche et d’innovation</i></div>
    <div>Platon cr&eacute;a l&rsquo;Acad&eacute;mie pour lutter contre les sophistes qui utilisaient l&rsquo;&eacute;criture comme technologie de persuasion, et contre les savoirs. L&rsquo;&eacute;criture est &agrave; l&rsquo;origine de notre soci&eacute;t&eacute;, et la condition du droit aussi bien que des savoirs rationnels. Mais elle est aussi un poison.

Quant aux technologies num&eacute;riques, elles constituent un gigantesque transfert de comp&eacute;tences techniques qui semble renverser l&rsquo;extr&ecirc;me sp&eacute;cialisation du travail qu&rsquo;avait engendr&eacute;e l&rsquo;industrialisation. Les fonctions de recherche documentaire qui &eacute;taient une haute sp&eacute;cialit&eacute; professionnelle il y a &agrave; peine vingt ans sont &agrave; pr&eacute;sent mises en &oelig;uvre par les enfants et les personnes &acirc;g&eacute;es. Les appareils de capture et de post-production audiovisuelle sont accessibles &agrave; tous. On peut beaucoup apprendre sans passer par des institutions ou des services, en allant sur le r&eacute;seau ou en faisant l&rsquo;acquisition d&rsquo;appareils.

Pourtant, tout comme l&rsquo;&eacute;criture aux yeux de Platon, les technologies num&eacute;riques sont la pire et la meilleure des choses. Et ce devrait &ecirc;tre la fonction d&rsquo;une institution scolaire et universitaire r&eacute;invent&eacute;e que de former les &eacute;l&egrave;ves et les &eacute;tudiants &agrave; cette ambivalence.</div>
    <br /><br />
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    <div>Isabelle Falque-Pierrotin : Redimensionner ce qui fait du sens</div>
    <div><i>Présidente du Forum des droits sur l'internet </i></div>
    <div>Je pense que l&rsquo;&eacute;ducation au et par le num&eacute;rique est devenue une cause d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t national. Cette &eacute;ducation, qui est l&rsquo;affaire de tous, doit relever d&rsquo;une exigence collective et politique. L&rsquo;Education nationale a bien s&ucirc;r un r&ocirc;le privil&eacute;gi&eacute; &agrave; jouer. Le virtuel est d&eacute;sormais notre quotidien et&nbsp; n&eacute;cessite d&rsquo;&ecirc;tre appr&eacute;hend&eacute;, ma&icirc;tris&eacute; pour &ecirc;tre utilis&eacute; par tous. Il faut &eacute;duquer &agrave; l&rsquo;internet, il faut &eacute;duquer par l&rsquo;internet ! 
L&rsquo;&eacute;ducation par le num&eacute;rique, c&rsquo;est-&agrave;-dire en s&rsquo;appuyant sur internet, doit irriguer toutes les disciplines, et en particulier l&rsquo;&eacute;ducation civique. Par exemple, les nouvelles sociabilit&eacute;s g&eacute;n&eacute;r&eacute;es par les r&eacute;seaux sociaux permettent d&rsquo;aborder avec les &eacute;l&egrave;ves l&rsquo;&eacute;ducation &agrave; la citoyennet&eacute; via des notions comme la libert&eacute;, le respect de l&rsquo;autre. Autre exemple avec l&rsquo;apprentissage de la notion de libert&eacute; : Internet appara&icirc;t comme un espace de libert&eacute; d&rsquo;expression o&ugrave; il est facile de tout dire. 
Mais est-ce que la libert&eacute; consiste &agrave; tout dire en soci&eacute;t&eacute; ? Le nouveau territoire d&eacute;limit&eacute; par internet, ces nouvelles r&eacute;alit&eacute;s, nous obligent &agrave; revisiter nos concepts, &agrave; redimensionner ce qui fait pour nous du sens. C&rsquo;est en cela qu&rsquo;internet n&eacute;cessite une &eacute;ducation.

Quoiqu&rsquo;il en soit, l&rsquo;&eacute;ducation au et par le num&eacute;rique est indispensable. Cette probl&eacute;matique s&rsquo;appr&eacute;hende des deux c&ocirc;t&eacute;s : sectoriel via les disciplines &eacute;tudi&eacute;es par les &eacute;l&egrave;ves et transversal avec la ma&icirc;trise des nouveaux usages qui y sont li&eacute;s.
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    <div>Anne-Marie Bardi : Se comporter convenablement sur la Toile s’apprend comme la politesse</div>
    <div><i>Ancienne inspectrice de l’Education nationale</i></div>
    <div>&Eacute;duquer au num&eacute;rique &hellip; Il faudrait tout d&rsquo;abord d&eacute;finir &laquo; le num&eacute;rique &raquo; en 2010. Selon le regard port&eacute; on dira que le num&eacute;rique c&rsquo;est : des technologies de plus en plus complexes ; une science en pleine expansion ; une nouvelle organisation du travail et de la soci&eacute;t&eacute; ;&nbsp; des bouleversements de l&rsquo;expression d&eacute;mocratique, de la communication interpersonnelle, des modes de loisirs, de la cr&eacute;ation artistique ; de nouvelles questions de soci&eacute;t&eacute; : &eacute;thiques, juridiques et politiques ;&nbsp; &hellip; Le num&eacute;rique est &agrave; la fois un domaine en soi et un agent de transformation sociale. 

&Eacute;duquer au num&eacute;rique rel&egrave;ve donc de la responsabilit&eacute; de tous : parents, &eacute;cole et soci&eacute;t&eacute; dans son ensemble. Se comporter convenablement sur la Toile s&rsquo;apprend comme la politesse, le respect d&rsquo;autrui ou les r&egrave;gles &eacute;l&eacute;mentaires de protection de soi-m&ecirc;me et de ses proches, et ce d&egrave;s l&rsquo;enfance. Les savoirs constitu&eacute;s se structurent &agrave; l&rsquo;&eacute;cole et s&rsquo;approfondissent dans l&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur ; le recours aux mat&eacute;riels et aux logiciels se fait peu &agrave; peu, au travers d&rsquo;apprentissages formels comme non formels et les questions &eacute;thiques se posent et se r&eacute;fl&eacute;chissent en classe comme en soci&eacute;t&eacute;.&nbsp; 

L&rsquo;important n&rsquo;est pas de d&eacute;signer un responsable de l&rsquo;&eacute;ducation au num&eacute;rique mais d&rsquo;int&eacute;grer les sp&eacute;cificit&eacute;s du num&eacute;rique dans l&rsquo;&eacute;ducation et la formation de tous les membres de notre soci&eacute;t&eacute;.</div>
    <br /><br />
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    <div>Jean-Christophe Prunet  : Une collaboration étroite</div>
    <div><i>Président de la FIEEC en charge de l’attractivité des métiers et Président de Rohde Schwarz France</i></div>
    <div>L&rsquo;&eacute;ducation de demain sera, pour tout ou partie num&eacute;rique. Pour que son d&eacute;veloppement soit harmonieux et se produise sans heurts, une collaboration &eacute;troite entre les industriels, les enseignants et l&rsquo;Education nationale est primordiale.

La premi&egrave;re condition&nbsp; sine qua non de cette r&eacute;volution r&eacute;side dans la capacit&eacute; de notre pays &agrave; se doter d&rsquo;infrastructures num&eacute;riques et &eacute;lectriques performantes et s&eacute;curis&eacute;es : un acc&egrave;s &eacute;lectrique fiable ainsi qu&rsquo;un r&eacute;seau de Tr&egrave;s Haut D&eacute;bit sont des pr&eacute;-requis.

L&rsquo;&eacute;ducation est une pr&eacute;rogative r&eacute;galienne, il est donc indispensable que l&rsquo;Etat et les enseignants s&rsquo;approprient les nouvelles techniques, les assimilent, les mettent en &oelig;uvre, depuis les infrastructures scolaires jusqu&rsquo;&agrave; la p&eacute;dagogie en passant par la conception des programmes.

Les entreprises priv&eacute;es, elles, d&eacute;tiennent la comp&eacute;tence technique et/ou d&eacute;veloppent les outils, les produits ou les services. Leurs solutions doivent &ecirc;tre adapt&eacute;es au besoin : un dialogue permanent est n&eacute;cessaire.

Enfin&nbsp; il est indispensable pour tous les citoyens que les outils technologiques de base soient maitris&eacute;s et compris. A ce titre, un module de connaissances de base de l&rsquo;&eacute;lectronique et du num&eacute;rique devrait &ecirc;tre obligatoire pour tous les &eacute;l&egrave;ves du coll&egrave;ge - l&rsquo;&eacute;ducation nationale a d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; travailler sur la question.
&nbsp;</div>
    <br /><br />
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    <div>Domnique Sciamma : Numérisons l’éducation</div>
    <div><i>Directeur du département "Systèmes et Objets Interactifs" à Strate Collège Designers (Ecole Supérieure de Design Industriel)</i></div>
    <div>Education au num&eacute;rique ! La question semble si simple&hellip; Mais de quoi parle-t-on ? Et de qui parle-t-on ? &laquo; Num&eacute;rique &raquo; est devenu un mot passe-partout et &agrave; ce titre d&eacute;testable. Parle-t-on d&rsquo;une mati&egrave;re faite&nbsp; de 0 et de 1 ? Parle-t-on d&rsquo;outils, mais si divers, entre un environnement de programmation, un logiciel de CAO, et un traitement de texte, que l&rsquo;on voit mal comment en parler de mani&egrave;re universelle ? Parle-t-on d&rsquo;applications, (avec le m&ecirc;me commentaire) ? O&ugrave; ne s&rsquo;agit-il pas plut&ocirc;t d&rsquo;enjeux, &eacute;thiques, soci&eacute;taux, &eacute;conomiques et politiques !

Et qui doit-on &eacute;duquer ? Une jeunesse quotidiennement au contact des objets num&eacute;riques, ou des Paby Boomers r&eacute;guli&egrave;rement d&eacute;phas&eacute;s ? Les &laquo; gens &raquo;, ou une classe politique dont la pens&eacute;e, la pratique, les tics (sans jeu de mots) sont encore ancr&eacute;s dans le si&egrave;cle dernier, quand ce n&rsquo;est pas dans le pr&eacute;c&eacute;dent ?

Avant l&rsquo;&eacute;ducation au &laquo; num&eacute;rique &raquo;, c&rsquo;est la question de l&rsquo;&eacute;ducation tout court qui est d&rsquo;une brulante actualit&eacute;, et dans cette perspective, l&rsquo;usage massif des outils num&eacute;riques pour satisfaire cette ardente n&eacute;cessit&eacute;. Les enjeux de l&rsquo;&eacute;ducation ne changent pas parce que le monde se num&eacute;rise, mais la num&eacute;risation doit permettre de les relever plus efficacement,&nbsp; plus massivement, plus cr&eacute;ativement. Avant d'&eacute;duquer au num&eacute;rique, il nous faut num&eacute;riser l'&eacute;ducation.
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    <br /><br />
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    <div>Divina Frau Meigs : Un e-corps, financé par un e-rate</div>
    <div><i>Professeur, sociologue des médias, Université Sorbonne  nouvelle</i></div>
    <div>Avant tout, l&rsquo;&eacute;ducation au num&eacute;rique est partie de l&rsquo;&eacute;ducation aux m&eacute;dias, avec ses 6 Comp&eacute;tences de base : Compr&eacute;hension, Critique, non sur les contenus mais Cr&eacute;ativit&eacute;, Consommation, Citoyennet&eacute; et Communication interculturelle. S&rsquo;y ajoute une &laquo; e-comp&eacute;tence &raquo;, qui porte sur l&rsquo;outillage mental et cognitif n&eacute;cessaire pour les produire et les diffuser. Il faut &ecirc;tre capable de : naviguer, charger et t&eacute;l&eacute;charger, jouer, utiliser des espaces en immersion et en simulation, mixer et remixer, &eacute;chantillonner, agr&eacute;ger des donn&eacute;es, contribuer &agrave; des r&eacute;seaux sociaux, n&eacute;gocier plusieurs identit&eacute;s (avatars).

Cette e-comp&eacute;tence semble acquise par les jeunes, qui utilisent les r&eacute;seaux intuitivement mais elle n&rsquo;est pas pens&eacute;e par eux et donc pas ma&icirc;tris&eacute;e de mani&egrave;re cognitive et raisonn&eacute;e. C&rsquo;est aux adultes de s&rsquo;en charger, en relation avec les jeunes eux-m&ecirc;mes.

Face &agrave; l&rsquo;urgence et &agrave; l&rsquo;immensit&eacute; des besoins, il faut donc penser &agrave; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un &laquo; e-corps &raquo;, (comme on dit &laquo; peace corps &raquo;), une sorte d&rsquo; &laquo; e-scouade &raquo; de volontaires, form&eacute;s en acc&eacute;l&eacute;r&eacute;, de tous &acirc;ges, pouvant aller en mobilit&eacute; l&agrave; o&ugrave; on les demande. Il est important que ce soit &agrave; la demande des &eacute;tablissements ou des associations pour que la transmission ait lieu. Comment le financer ? Par le &laquo; e-rate &raquo;, une taxe tr&egrave;s minime (0.05%) &agrave; pr&eacute;lever sur les entreprises num&eacute;riques qui b&eacute;n&eacute;ficient de l&rsquo;usage sans jamais rien reverser &agrave; l&rsquo;usager&hellip; Elles s&rsquo;y refusent encore en Europe, mais c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; le cas aux Etats-Unis. Qu&rsquo;attendons-nous ? 
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    <div>Elena Pasquinelli : Des corps, armés d'outils, savoirs, et savoir faire</div>
    <div><i>Chercheuse, coordinatrice du groupe Compas</i></div>
    <div>Faisons un tour en Afrique, dans les pays les plus concern&eacute;s par le ph&eacute;nom&egrave;ne du digital divide. Nous y trouvons : Geekcorps, une ONG qui envoie des experts en technologie pour aider les populations et les organisations locales &agrave; d&eacute;velopper des entreprises priv&eacute;es fond&eacute;es sur l&rsquo;utilisation des TIC .
Autre exemple : depuis des ann&eacute;es, Mitchel Resnick, chef du Lifelong Kindergarten du MIT,&nbsp; impulse des actions pour favoriser la cr&eacute;ativit&eacute; dans l&rsquo;apprentissage via la technologie. Dont Scratch, une communaut&eacute; en ligne o&ugrave; les enfants peuvent programmer et partager des histoires interactives ; ou Computer clubhouse, des endroits o&ugrave; les jeunes des communaut&eacute;s peuvent d&eacute;velopper leurs capacit&eacute;s avec l&rsquo;aide de tuteurs et des TIC.

La technologie seule n&rsquo;est pas suffisante. Il faut cr&eacute;er des environnements o&ugrave; les jeunes utilisateurs peuvent apprendre &agrave; utiliser les TIC de mani&egrave;re cr&eacute;ative. Cela peut &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, mais aussi via&nbsp; des structures qui entrent dans l&rsquo;&eacute;cole. Comme les Geekcorps, qui d&eacute;barquent l&agrave; o&ugrave; il y a besoin. 

Ces &lsquo;Corps&rsquo; arm&eacute;s d&rsquo;outils, savoirs et savoir faire, peuvent aussi accueillir des publics assez diff&eacute;rents en &acirc;ge et en alphab&eacute;tisation num&eacute;rique pour leur fournir des menus &agrave; la carte d&rsquo;&eacute;ducation aux technologies. Ce seront alors, des centres&nbsp; (c&rsquo;est le cas du Cube &agrave; Issy) qui desservent un territoire et qui incarnent le refrain du Life-long Learning et de l&rsquo;apprentissage pour tous. Favoriser leur d&eacute;veloppement, me semble un ingr&eacute;dient crucial de l&rsquo;&eacute;ducation aux technologies.</div>
    <br /><br />
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    <div>Yacine Aït Kaci : Faire une différence entre utiliser et créer</div>
    <div><i>Fondateur d'Electronic Shadow</i></div>
    <div>Tout d&rsquo;abord il faut bien s&rsquo;entendre sur ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;&eacute;ducation au num&eacute;rique, car pour simplifier il y en aurait au moins deux, l&rsquo;&eacute;ducation aux usages du num&eacute;rique et l&rsquo;&eacute;ducation au d&eacute;veloppement, &agrave; la cr&eacute;ation num&eacute;rique en g&eacute;n&eacute;ral. En ce qui concerne les usages, ce n&rsquo;est pas forc&eacute;ment aux plus jeunes que cette &eacute;ducation s&rsquo;adresse. En effet les g&eacute;n&eacute;rations qui sont n&eacute;es avec le num&eacute;rique n&rsquo;en font plus une analogie d&rsquo;un monde non num&eacute;rique et ce serait plut&ocirc;t elles qui pourraient &eacute;duquer leurs parents aux nouveaux usages et &agrave; leurs effets, en d&eacute;veloppant du m&ecirc;me coup leurs propres r&eacute;f&eacute;rences.

Par contre, il faut bien faire la diff&eacute;rence entre utiliser et cr&eacute;er et c&rsquo;est dans cette deuxi&egrave;me vocation que l&rsquo;&eacute;ducation au num&eacute;rique prend tout son sens et o&ugrave; les enjeux sont les plus importants. C&rsquo;est probablement &agrave; l&rsquo;Ecole, tout au long du cursus et dans une logique transversale, que doivent &ecirc;tre acquis les fondamentaux qui permettront d&rsquo;entrer dans le cycle perp&eacute;tuel d&rsquo;auto-&eacute;ducation et d&rsquo;&eacute;change d&rsquo;informations dans un univers num&eacute;rique par essence cognitif et en r&eacute;seau.

Car si j&rsquo;ai parl&eacute; de deux &eacute;ducations au num&eacute;rique, il en est &eacute;videmment une troisi&egrave;me, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;ducation par le num&eacute;rique.</div>
    <br /><br />
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    <div>Jean-noël Lafargue : Une génération post-micro</div>
    <div><i>Maître de conférences associé à l'Université Paris 8, enseignant le multimédia dans plusieurs écoles d'art : Le Havre, Rennes, e-Artsup</i></div>
    <div>On qualifie les adolescents actuels de &quot;digital natives&quot;, car pour eux l'ordinateur personnel, la console de jeu et le t&eacute;l&eacute;phone mobile ne sont pas des conqu&ecirc;tes technologiques mais des objets aussi familiers que l'automobile, le t&eacute;l&eacute;viseur ou la fourchette.

L'attitude qu'ils ont vis-&agrave;-vis de leur environnement num&eacute;rique me semble parfois passive. Les &quot;digital natives&quot; m&eacute;ritent peut-&ecirc;tre d'&ecirc;tre appel&eacute;s &quot;digital naives&quot;. Ils pratiquent les r&eacute;seaux sociaux plusieurs heures chaque jour et sont capables d'&eacute;crire un message en quelques secondes en n'utilisant que leur pouce mais peuvent pourtant souffrir de lacunes &eacute;tonnantes. Il m'arrive &agrave; pr&eacute;sent de devoir renseigner des &eacute;tudiants vingtenaires sur la marche &agrave; suivre pour ouvrir ou enregistrer un fichier informatique. Les terminaux num&eacute;riques ne sont-ils pas en train de devenir une nouvelle forme de t&eacute;l&eacute;vision dont la mati&egrave;re serait constitu&eacute;e par ses propres utilisateurs ?

En tant qu'enseignant, je consid&egrave;re comme un devoir de faire comprendre &agrave; mes &eacute;tudiants &agrave; quel point l'ordinateur peut &ecirc;tre un outil de cr&eacute;ation et d'&eacute;mancipation. Je le fais en leur apprenant la programmation, ce qui me semble un des meilleurs moyen pour avoir une prise sur son environnement num&eacute;rique. J'essaie aussi d'inscrire leur appr&eacute;hension des &quot;nouveaux&quot; m&eacute;dias dans une perspective historique, de leur expliquer qu'il a exist&eacute; une &eacute;poque o&ugrave; l'on ne pouvait utiliser un ordinateur sans &ecirc;tre un peu programmeur soi-m&ecirc;me et o&ugrave; Space Invaders n'existait pas... &laquo; C'est quoi, Space Invaders, monsieur ? &raquo;.</div>
    <br /><br />
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    <div>Henri Isaac : Une partie des jeunes n’accèdent pas aux usages</div>
    <div><i>Directeur de la recherche à Rouen Business School</i></div>
    <div>Alors m&ecirc;me que de nombreux usages du num&eacute;rique se d&eacute;veloppent dans la sph&egrave;re priv&eacute;e d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge (jeu vid&eacute;o, jeux en ligne, photo num&eacute;rique, t&eacute;l&eacute;phonie mobile, messagerie instantan&eacute;e, etc.), la tentation est grande de penser que la g&eacute;n&eacute;ration des &laquo; digital natives &raquo; n&rsquo;a plus besoin d&rsquo;une formation quelconque aux outils num&eacute;riques.
Las, de nombreux professeurs constatent encore qu&rsquo;une partie des jeunes n&rsquo;acc&egrave;dent pas &agrave; ces usages. Pire, la compr&eacute;hension et la ma&icirc;trise des outils num&eacute;riques est beaucoup trop limit&eacute;e pour en d&eacute;velopper une r&eacute;elle appropriation, gage d&rsquo;usages professionnels, vecteur d&rsquo;une insertion &eacute;conomique et sociale dans la soci&eacute;t&eacute; de la connaissance. Il est donc imp&eacute;ratif que l&rsquo;&eacute;cole continue de jouer son r&ocirc;le en formant les &eacute;l&egrave;ves et les &eacute;tudiants aux usages du num&eacute;rique afin que les futures g&eacute;n&eacute;rations acc&egrave;dent &agrave; la citoyennet&eacute; num&eacute;rique pleine et enti&egrave;re.  
D&egrave;s lors, il ne fait nul doute que l&rsquo;&eacute;cole et l&rsquo;universit&eacute; doivent &ecirc;tre en charge de cette formation au num&eacute;rique. Cependant deux conditions pr&eacute;alables sont absolument n&eacute;cessaires. La premi&egrave;re est que les institutions que sont l&rsquo;&eacute;cole et l&rsquo;universit&eacute; se repositionnent s&eacute;rieusement dans un monde o&ugrave; l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;information et la connaissance a radicalement chang&eacute;. La seconde est que l&rsquo;on modifie en cons&eacute;quence la formation des professeurs et que l&rsquo;on y int&egrave;gre la p&eacute;dagogie num&eacute;rique comme &eacute;l&eacute;ment central dans leur formation. Pas s&ucirc;r &agrave; cet &eacute;gard que la r&eacute;forme actuelle du master ait r&eacute;ellement int&eacute;gr&eacute; cette probl&eacute;matique.
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    <br /><br />
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    <div>Nils Aziosmanoff  : L’école des sorciers </div>
    <div><i>Président du CUBE, centre de création numérique, président de NAVIDIS SA</i></div>
    <div>Il y a un si&egrave;cle, pour r&eacute;aliser une simple photographie il fallait ma&icirc;triser des techniques complexes. Aujourd&rsquo;hui, les appareils num&eacute;riques sont si sophistiqu&eacute;s qu&rsquo;ils peuvent repr&eacute;senter en temps r&eacute;el la vision du photographe. 

Telle la baguette magique d&rsquo;Harry Potter, la technique s&rsquo;est effac&eacute;e au profit de l&rsquo;usage. Pr&eacute;sent dans tous les domaines de la vie, le num&eacute;rique constitue un moyen fantastique dont les potentialit&eacute;s d&eacute;fient notre imagination.&nbsp; 

Mais comme Harry &agrave; Poudlard, il nous faut d&rsquo;abord apprendre &agrave; penser autrement. Education vient de &laquo; instruire &raquo;, mais aussi de &laquo; faire sortir &raquo;. La soci&eacute;t&eacute; num&eacute;rique bouleverse les sch&eacute;mas &eacute;tablis et nous pousse &agrave; changer notre vision du monde.&nbsp; 

L&rsquo;&eacute;ducation doit &ecirc;tre aux avant postes, investir la sph&egrave;re virtuelle et r&eacute;inventer les liens avec les mondes de la cr&eacute;ation et de l&rsquo;innovation, en repla&ccedil;ant l&rsquo;humain au c&oelig;ur des enjeux soci&eacute;taux. A l&rsquo;&eacute;cole des sorciers, la baguette ne fait pas le magicien. Pour le devenir, il faut changer son regard.&nbsp; 
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    <br /><br />
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    <div>Alain-Marie Bassy : L'École doit faire sa mue</div>
    <div><i>Inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, co-animateur de la cellule TIC des inspections générales</i></div>
    <div>L&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; est dans les mots. Que recouvre &laquo; num&eacute;rique &raquo; ? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo; &laquo; &eacute;duquer &raquo; ? Le mot &laquo; num&eacute;rique &raquo; remplace aujourd&rsquo;hui les termes qui furent employ&eacute;s successivement dans les quinze derni&egrave;res ann&eacute;es du si&egrave;cle pr&eacute;c&eacute;dent (informatique, NTIC, multim&eacute;dia &eacute;ducatif, TICE).  
On passe de l&rsquo;outil technique &agrave; une nouvelle dimension de l&rsquo;espace social, qui traverse les objets d&rsquo;information, leur appropriation et leurs usages. On ne voit pas assez que la r&eacute;volution du num&eacute;rique correspond aujourd&rsquo;hui &agrave; un changement de logique (de logiciel ?) : statut des ressources, mod&egrave;les de communication et d&rsquo;apprentissage, relations entre les acteurs.&nbsp; 

&Eacute;duquer au num&eacute;rique, c&rsquo;est aider la soci&eacute;t&eacute; tout enti&egrave;re &agrave; passer d&rsquo;une logique &agrave; une autre. La fracture ne se situe pas forc&eacute;ment o&ugrave; l&rsquo;on croit. La responsabilit&eacute; de l&rsquo;&Eacute;cole est engag&eacute;e : sa &laquo; logique apprenante &raquo; ne saurait s&rsquo;opposer aux nouvelles logiques sociales. Mais il ne s&rsquo;agit pas que d&rsquo;une acculturation &agrave; l&rsquo;outil, d&rsquo;un d&eacute;veloppement des habilet&eacute;s ou d&rsquo;une&nbsp; formation aux comp&eacute;tences techniques requises dans l&rsquo;univers professionnel. C&rsquo;est aider &agrave; d&eacute;finir, reconna&icirc;tre et s&rsquo;approprier les nouvelles r&egrave;gles et logiques &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans le monde num&eacute;rique : apporter ma&icirc;trise, conscience et distance.&nbsp; 

L&rsquo;&Eacute;cole seule ne suffira pas &agrave; la t&acirc;che. Elle doit, elle aussi, faire sa mue. La conduite du changement concerne la soci&eacute;t&eacute;, dans toutes ses composantes de formation et d&rsquo;apprentissage, et au sein m&ecirc;me de la famille.&nbsp;</div>
    <br /><br />
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    <div> Gilles Dowek : Trois étapes, et une unité</div>
    <div><i>Professeur à l'école Polytechnique </i></div>
    <div>Comme tout projet ambitieux, l'&eacute;ducation au num&eacute;rique doit mobiliser de nombreux acteurs : &agrave; l'&Eacute;ducation Nationale revient de transmettre un socle de connaissances fondamentales, sur lequel la formation professionnelle construira des cursus plus finalis&eacute;s.&nbsp; 
Ces connaissances fondamentales s'organisent elles-m&ecirc;mes naturellement en trois &eacute;tapes. &Agrave; l'&eacute;cole et au coll&egrave;ge, l'apprentissage de l'utilisation des logiciels qui nous entourent permet d'introduire les premiers concepts de l'informatique. Au lyc&eacute;e, apprendre &agrave; &eacute;crire soi m&ecirc;me de petits programmes, permet de comprendre que tous ces logiciels sont &eacute;crits avec des constructions &eacute;tonnamment simples et peu nombreuses. &Agrave; l'Universit&eacute; enfin, l'informatique appara&icirc;t comme une science avec son foisonnement de th&eacute;ories (la compilation, la s&eacute;curit&eacute;,
les r&eacute;seaux, ...).&nbsp;
Ce projet a toutefois son unit&eacute; : l'initiation &agrave; une mani&egrave;re de penser radicalement nouvelle, car il a sans doute fallu
attendre l'informatique pour comprendre la difficult&eacute; de la question : comment trouver un cercle dans une image ?</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Eric Delcroix : Ce n'est pas la faute aux enseignants</div>
    <div><i>Maître de conférence associé, Lille-III, et expert web temps réel</i></div>
    <div>&Eacute;videmment, lorsque l&rsquo;on &eacute;voque l&rsquo;&eacute;ducation au num&eacute;rique, le premier r&eacute;flexe est de penser aux &eacute;coles, aux coll&egrave;ges, aux lyc&eacute;es. Et d&eacute;j&agrave; les premiers probl&egrave;mes se posent : qui doit &eacute;duquer nos enfants ? Les professeurs ? Mais, ils ne sont pas form&eacute;s &agrave; cela. Aucune mati&egrave;re n&rsquo;est d&eacute;di&eacute;e &agrave; cela. Tout le monde en fait, mais personne n&rsquo;en fait. Conclusion, notre jeunesse, n&rsquo;est toujours pas form&eacute;e. La faute aux enseignants ? Non. Ils n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; form&eacute; &agrave; cela et le paravent du &laquo; B2I &raquo; donne l&rsquo;illusion qu&rsquo;ils peuvent instruire le num&eacute;rique, quand eux-m&ecirc;mes ne savent pas l&rsquo;utiliser ou mal.

A l&rsquo;universit&eacute;, on parle souvent num&eacute;rique. L&agrave;, outre la m&eacute;connaissance des nouveaux outils, les enseignants se prot&egrave;gent derri&egrave;re une logique depuis longtemps d&eacute;pass&eacute;e : ils ne d&eacute;tiennent plus seul le savoir et l&rsquo;ouverture aux autres fait peur ! Dans le cadre de l&rsquo;exp&eacute;rience que j&rsquo;ai men&eacute;e avec Twitter en cours, on m&rsquo;a fait comprendre que j&rsquo;aurais d&ucirc; demander l&rsquo;autorisation avant de mettre en place ce cours ! 

Reste une cat&eacute;gorie de la population dans tout cela : les parents, qui appartiennent eux-m&ecirc;mes &agrave; la plus vaste cat&eacute;gorie des salari&eacute;s et professionnels. Si aucune politique d&rsquo;entreprise n&rsquo;est mise en place, les personnes ne sont pas &eacute;duqu&eacute;es au num&eacute;rique.</div>
    <br /><br />
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    <div> Marcel Desvergne : L'éducation ne s'adresse pas qu'aux élèves, collégiens ou lycéens</div>
    <div><i>Président de l'AEC, Aquitaine Europe Communication, délégué Général de l’Université d’Eté de la Communication de 1980 à 2002</i></div>
    <div>Le m&eacute;decin, la journaliste, le politique, l&rsquo;enseignante, le maire, la banqui&egrave;re, le responsable associatif, l&rsquo;entrepreneuse&hellip; la liste est longue chacun &eacute;tant confront&eacute; aux &eacute;volutions du seigneur num&eacute;rique. Une journaliste form&eacute;e &agrave; &eacute;crire ne doit-elle pas aller chercher des lecteurs sur les r&eacute;seaux sociaux avec textes, vid&eacute;os, commentaires ? Un m&eacute;decin ne doit-il pas savoir utiliser les sites de diagnostic pour recevoir ses patients, eux, ayant pris le temps de les consulter ?

Imaginer que cette &eacute;ducation ne s&rsquo;adresse qu&rsquo;aux &eacute;l&egrave;ves, coll&eacute;giens et lyc&eacute;ens est une vision d&eacute;pass&eacute;e, ang&eacute;lique de la formation contemporaine. C&rsquo;est une vision citoyenne de l&rsquo;&eacute;ducation au num&eacute;rique qui se pose aux responsables de chaque secteur de la soci&eacute;t&eacute;. Des entreprises ne m&eacute;gotent pas sur ces formations car elles sont pragmatiques.
Les instances de concertation des politiques devraient s&rsquo;en inspirer, sans renier leur r&ocirc;le. Les structures associatives qui ont accompagn&eacute;es, dans les ann&eacute;es 50 du si&egrave;cle dernier,&nbsp; les glissements de population de la campagne vers les villes, en cr&eacute;ant des animateurs sociaux culturels, devraient s&rsquo;emparer de cette fonction citoyenne.

Les acteurs producteurs diffuseurs du num&eacute;rique pourraient eux aussi investir dans la formation de notre soci&eacute;t&eacute; en r&eacute;seau au moment o&ugrave; moteurs de recherche et&nbsp; terminaux mobiles bousculent les &laquo; lieux &raquo; de formation.
&nbsp;</div>
    <br /><br />
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    <div> Bruno Devauchelle : L'école est encore trop démunie</div>
    <div><i>Formateur chercheur, Centre d'Etudes Pédagogiques pour l'Expérimentation et le Conseil</i></div>
    <div>Question pr&eacute;tentieuse, mais &ocirc; combien importante. Si &eacute;ducation au num&eacute;rique il doit y avoir, elle ne doit surtout &ecirc;tre un accompagnement. Les technologies num&eacute;riques font subir au quotidien des transformations que l&rsquo;on est encore en train de d&eacute;couvrir ; alors que l&rsquo;&eacute;ducation, c&rsquo;est justement la capacit&eacute; &agrave; se sortir de ce tourbillon de l&rsquo;instant pour permettre d&rsquo;aller vers la compr&eacute;hension.

Une approche plus globale, et donc une v&eacute;ritable &eacute;ducation, ne pourra s&rsquo;op&eacute;rer que lorsque le num&eacute;rique aura pris sa place dans la culture - ce qui, pour l&rsquo;&eacute;crit, a pris 5000 ans, et pour le livre 500 ans. On peut penser que, pour le num&eacute;rique, cela prendra au moins 50 ans.

L&rsquo;&eacute;cole, haut lieu d&rsquo;une part de l&rsquo;&eacute;ducation, est encore trop d&eacute;munie pour pouvoir pr&eacute;tendre tenir une place importante dans ce projet. D&eacute;munie pour de multiples raisons : son fonctionnement immuable, son approche frileuse des TIC, son incompr&eacute;hension culturelle du ph&eacute;nom&egrave;ne qui se d&eacute;roule sous ses yeux.

Les jeunes, les familles, ont engag&eacute; tellement de modifications du fait du num&eacute;rique que c&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;est en train de se forger une v&eacute;ritable &eacute;ducation informelle.</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Dominique Piotet : Education numérique : la sérieuse affaire de tous</div>
    <div><i>Président de RebellionLab</i></div>
    <div>Les technologies nous donnent acc&egrave;s &agrave; un univers de possibles (informations, biens et services, interactions sociales, cr&eacute;ativit&eacute;, productivit&eacute; personnelle..) d&eacute;multipli&eacute;.

Tout va de plus en plus vite et il est de plus en plus difficile de suivre. Nous devons nous mettre en situation d&rsquo;apprentissage permanent, absorber le fonctionnement de nouveaux outils pas si intuitifs que &ccedil;a (apprendre &agrave; utiliser Facebook, &agrave; t&eacute;l&eacute;charger de la musique sur iTunes, &agrave; utiliser un iPhone&hellip;), de nouveaux usages (suivre nos amis sur Twitter&hellip;), ne serait-ce que pour pouvoir garder le contact, &eacute;changer, s&rsquo;informer&hellip;bref : &ecirc;tre dans la vie ! C&rsquo;est ce que Francis Pisani et moi appelons la vie en Beta&nbsp; perp&eacute;tuelle. Et c&rsquo;est notre vie en tant qu&rsquo;employ&eacute;, ami, parent, enfant, &eacute;tudiant, consommateur&hellip;

Il est temps de lancer un appel &agrave;&nbsp; la lutte contre l&rsquo;ill&eacute;ttrisme digital, qui semble &ecirc;tre un des dangers qui nous guette, en tant qu'individus, en tant que &laquo; forces de production &raquo;, en tant que citoyens. Il nous faut changer d&rsquo;attitude face aux technologies, et se mettre en &eacute;tat de formation permanente. Cette &laquo; litt&eacute;ratie digitale &raquo; est un des crit&egrave;res cl&eacute; pour construire une soci&eacute;t&eacute; plus ouverte, plus juste et &eacute;viter que la fracture num&eacute;rique ne divise le monde en sachant (les aristocrates du web) et ignorant.
C&rsquo;est donc notre affaire, en tant qu&rsquo;individus, mais c&rsquo;est aussi l&rsquo;affaire des entreprises qui nous emploient, des vendeurs qui veulent nous vendre leurs produits, bien sur et toujours de l&rsquo;&eacute;cole et de l&rsquo;Etat, mais aussi de la famille et des amis. Bref : c&rsquo;est l&rsquo;affaire de tous, et en permanence. Plus facile &agrave; &eacute;crire qu&rsquo;&agrave; mettre en &oelig;uvre.&nbsp;</div>
    <br /><br />
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    <div>Laurent Benzoni : Il n'y pas UN responsable</div>
    <div><i>Professeur d’économie à l’Université Paris 2, fondateur TERA Consultants (expertise économique) </i></div>
    <div>L&rsquo;&eacute;ducation englobe l&rsquo;ensemble des moyens de transmission et d&rsquo;apprentissage des valeurs et des savoirs indispensables &agrave; la bonne int&eacute;gration des individus dans la soci&eacute;t&eacute;. Famille, environnement social et &eacute;cole se situaient au centre du dispositif &eacute;ducatif. Mais la pratique individuelle a toujours constitu&eacute; un axe primordial de l&rsquo;&eacute;ducation &agrave; travers la lecture (livres, journaux), puis par le biais des m&eacute;dias (radio, t&eacute;l&eacute;vision), et d&eacute;sormais par l&rsquo;Internet. L&rsquo;Internet est communication, divertissement, information, socialisation : il est donc&hellip; &eacute;ducation.
L&rsquo;Internet en fait bien trop pour qu&rsquo;un seul acteur puisse &ecirc;tre d&eacute;sign&eacute; comme LE responsable en charge de son &eacute;ducation. L&rsquo;&eacute;ducation nationale, qu&rsquo;il vaudrait mieux de nouveau appeler &laquo; l&rsquo;instruction nationale &raquo; pour bien rappeler la sph&egrave;re qu&rsquo;il est raisonnable de lui attribuer, pourra se charger de rappeler ou d&rsquo;appendre les &laquo; codes &raquo; et leur raison d&rsquo;&ecirc;tre. La famille et l&rsquo;environnement social doivent eux inculquer ses codes et leur respect dans les sph&egrave;res priv&eacute;es ou publiques.  
L&rsquo;Etat ajoutera ses actions de pr&eacute;vention et appliquera les sanctions quand elles s&rsquo;imposent. Les acteurs de l&rsquo;offre (Logiciels, FAI, fournisseurs de services et de contenus, etc.) participeront &agrave; l&rsquo;effort collectif en d&eacute;livrant constamment modes d&rsquo;emploi et bons usages ainsi que les outils correctifs n&eacute;cessaires.</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Olivier Gérard : Il ne s'agit pas seulement d'éduquer au numérique les enfants</div>
    <div><i>Chargé des médias et des usages numériques à l'Union nationale des associations familiales (UNAF)</i></div>
    <div>Dans un contexte d'&eacute;volution permanente des technologies, des pratiques et des usages num&eacute;riques, l&rsquo;enjeu est la mise en &oelig;uvre d&rsquo;une &eacute;ducation au num&eacute;rique pour tous, tout au long de la vie.
Car il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;&eacute;duquer au num&eacute;rique les enfants. Faut-il le rappeler mais le num&eacute;rique est aussi au c&oelig;ur de la vie familiale et impacte tout &agrave; la fois, la socialisation et l&rsquo;&eacute;ducation de l&rsquo;enfant, comme les relations au sein des familles. C&rsquo;est pourquoi il est essentiel d&rsquo;assurer &agrave; chacun d&rsquo;entre nous, enfants, parents, grands-parents, &eacute;ducateurs une &eacute;ducation permanente au num&eacute;rique, garante de sa maitrise technique et culturelle.
Cette ambition ne peut donc &ecirc;tre l&rsquo;apanage d&rsquo;un seul acteur mais doit &ecirc;tre l&rsquo;affaire de tous. Elle ne pourra donc se r&eacute;aliser pleinement que par la mobilisation de l&rsquo;ensemble des parties prenantes autour de grands principes et d&rsquo;objectifs partag&eacute;s : les pouvoirs publics et les collectivit&eacute;s territoriales, les professionnels de l&rsquo;internet, des m&eacute;dias et du num&eacute;rique, le monde de l&rsquo;&eacute;ducation et la soci&eacute;t&eacute; civile en particulier les associations familiales.</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Stéphane Hugon : Le numérique bouscule les organisations</div>
    <div><i>Sociologue, enseignant et chercheur au Ceaq-Sorbonne, cofondateur de l’institut Eranos. </i></div>
    <div>Qui &eacute;duquera qui ? Parler d&rsquo;&eacute;ducation au num&eacute;rique, c&rsquo;est &eacute;tablir que la comp&eacute;tence n&eacute;cessaire pour &eacute;voluer dans les environnements num&eacute;riques est d&eacute;sormais centrale et qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas partag&eacute;e de mani&egrave;re optimale. C&rsquo;est un fait. Reste &agrave; d&eacute;terminer qui pourrait apprendre &agrave; qui ? Et sur quel mode ? Notre tradition &eacute;ducative s&rsquo;est longtemps fond&eacute;e sur une nette diff&eacute;renciation du sachant et de l&rsquo;apprenant. Avec une distinction de pouvoir, de l&eacute;gitimit&eacute; et de place (dans l&rsquo;entreprise, dans la soci&eacute;t&eacute;, dans la famille&hellip;).&nbsp; 

Le num&eacute;rique bouscule les organisations. Or, ce que r&eacute;v&egrave;le le num&eacute;rique, c&rsquo;est que justement, il est le signe d&rsquo;une mutation forte &agrave; la fois sociologique, technologique et organisationnelle, qui vient bouleverser nos structures, nos traditions de formation et nos organigrammes. C&rsquo;est toutes les expertises et les autorit&eacute;s habituelles dans l&rsquo;&eacute;conomie de nos connaissances qui s&rsquo;en trouvent modifi&eacute;es. Les acteurs classiques de l&rsquo;&eacute;ducation sont donc questionn&eacute;s dans leur l&eacute;gitimit&eacute; par des sources sinon nouvelles, au moins inhabituelles (jeune, consommateur, utilisateur final, collaborateur en aval&hellip;) 

Vers de nouvelles valorisations. Si le num&eacute;rique permet des modes de collaborations et de circulation des compr&eacute;tences diff&eacute;rents, il appartient aux &laquo; sachants &raquo; des entreprises et des organisations &agrave; se rendre disponibles aux nouveaux lieux, personnes et circuits de valorisation de la comp&eacute;tence. La question est donc culturelle de prime abord, m&ecirc;me si elle devient imm&eacute;diatement technologique. 
&nbsp;</div>
    <br /><br />
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    <div>Christine Balagué  : Le coût exorbitant des équipements, frein majeur</div>
    <div><i>Chercheuse à l’Institut Telecom & Management et co-présidente du Think Tank Renaissance Numérique</i></div>
    <div>L&rsquo;&eacute;ducation au num&eacute;rique touche des cibles tellement diverses ! Qui doit s&rsquo;en charger ? Une constellation d&rsquo;acteurs multiples&hellip; A commencer par l&rsquo;&eacute;cole : pour des raisons d&rsquo;&eacute;galit&eacute; sociale, l&rsquo;&eacute;cole publique (et gratuite) doit fournir le bagage minimum, du CP &agrave; la terminale, mais avec un B2i s&eacute;rieusement adapt&eacute; et &eacute;volutif, et des formations plus pouss&eacute;es de la seconde &agrave; la terminale. 
Les soci&eacute;t&eacute;s priv&eacute;es ont aussi leur r&ocirc;le, via du e-learning et des acc&egrave;s &agrave; distance. Serious games, int&eacute;gration du num&eacute;rique et du Web dans les diff&eacute;rentes mati&egrave;res et dans les &eacute;valuations, tout pas en avant fait avancer l&rsquo;&eacute;ducation sur ces sujets, ce qui suppose de repenser plus largement la p&eacute;dagogie. La famille, l&rsquo;environnement, les amis, les internautes inconnus, les r&eacute;seaux sociaux,&nbsp; sont devenus des &eacute;ducateurs au num&eacute;rique. En facult&eacute;, les &eacute;tudiants doivent recevoir des formations adapt&eacute;es &agrave; leur cursus. De profonds changements sont &agrave; pr&eacute;voir, notamment un nouveau rapport professeur-&eacute;l&egrave;ves, plus transversaux que hi&eacute;rarchiques, des apprentissages diff&eacute;rents. 
Tout ceci est cependant frein&eacute; par le co&ucirc;t exorbitant des &eacute;quipements, en regard du syst&egrave;me &eacute;ducatif &hellip; Le r&ocirc;le des soci&eacute;t&eacute;s priv&eacute;es est majeur: elles ont un r&ocirc;le de responsabilit&eacute; sociale et doivent r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; des mod&egrave;les &eacute;conomiques pertinents d&rsquo;&eacute;quipement massif acceptable pour une &eacute;ducation au num&eacute;rique acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e &hellip; ou non ma&icirc;tris&eacute;e. 
&nbsp;</div>
    <br /><br />
</div>]]></description>
      <guid>http://www.regardssurlenumerique.com/le-debat-rsln/2010/2/1/education-au-numerique_qui-doit-s-en-charger_/</guid>
      <link>http://www.regardssurlenumerique.com/le-debat-rsln/2010/2/1/education-au-numerique_qui-doit-s-en-charger_/</link>
      <title>Éducation au numérique : qui doit s en charger ?</title>
      <pubDate>Mon, 01 Feb 2010 00:00:00 GMT</pubDate>
    </item>
    <item>
      <description><![CDATA[<div>
    <div>Daniel Kaplan :  Pas de technologie sans lien intime avec la société</div>
    <div><i>
Délégué général de la Fondation pour l'Internet Nouvelle Génération (FING), président de l’Institut européen du e-learning (EIfEL).</i></div>
    <div>Quelle dr&ocirc;le d'id&eacute;e, en 2010, que celle de cr&eacute;er une Silicon Valley en Europe !&nbsp; Alors que personne n'est encore parvenu &agrave; en recr&eacute;er ailleurs les conditions ; que l'attrait de l'Europe r&eacute;side dans ses villes et leur histoire ;&nbsp; que la technologie se tisse de plus en plus dans les mailles du quotidien, des m&eacute;tiers, des lieux : c'est maintenant qu'il nous faudrait cr&eacute;er un milieu artificiel, sans histoire, s&eacute;par&eacute; de la soci&eacute;t&eacute; ?

La voie europ&eacute;enne vers les technologies du futur doit se tracer dans un lien intime avec la soci&eacute;t&eacute;, en faisant de sa diversit&eacute; un atout plut&ocirc;t qu'un archa&iuml;sme honteux. Une Silicon Valley europ&eacute;enne n&eacute;e de nulle part, architecturellement et culturellement neutre, ne pr&eacute;senterait aucun int&eacute;r&ecirc;t : pourquoi pr&eacute;f&eacute;rer la copie &agrave; l'original ?

Isolons les souches de la Silicon Valley et dispersons-les en Europe. Ouvrons grand les syst&egrave;mes d'innovation. Encourageons la mobilit&eacute; des hommes et finissons-en avec cette folie d'une Europe ferm&eacute;e aux jeunes des pays &eacute;mergents. Cr&eacute;ons des incubateurs dans les lieux de culture, des labos dans les zones d'activit&eacute;, des ateliers dans les universit&eacute;s, des lieux ouverts o&ugrave; partager ses id&eacute;es &agrave; pas d'heure. Aidons les innovateurs &agrave; trouver de l'argent, mais aussi des testeurs et des clients. Encourageons toute la soci&eacute;t&eacute; &agrave; bricoler et d&eacute;tourner les technologies.&nbsp; Lions le marchand et le non-marchand... Toutes choses qu'un ghetto dor&eacute; pour technologues ne saura pas accomplir.

&nbsp;</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Dominique Piotet :  Pour une culture européenne de l’innovation, à la sauce SiliconValley !</div>
    <div><i>Président de RebellionLab (spécialisé dans l’innovation et les nouvelles technologies), écrivain, journaliste et conférencier.</i></div>
    <div>La Silicon Valley porte en elle une dose importante de fantasmes, qui en donnent une vision d&eacute;form&eacute;e, vue de loin, et notamment d&rsquo;Europe. On per&ccedil;oit la Silicon Valley comme un creuset d&rsquo;alchimiste qui serait capable d&rsquo;auto-g&eacute;n&eacute;rer de l&rsquo;innovation gr&acirc;ce &agrave; une formule magique, souvent r&eacute;sum&eacute;e sous la forme de clich&eacute;s. Les succ&egrave;s de HP, de Cisco, de Sun, d&rsquo;Apple, de Google&hellip;les Twitter et les Facebook, font r&ecirc;ver. On cherche la recette pour la dupliquer. 
En mentionnant le fameux triptyque Universit&eacute;/Capital Risque/ Entrepreneurs, et en ajoutant le r&eacute;seau (le fameux network) pour faire le liant, on pense avoir la fameuse formule. Tenter de la dupliquer est difficile, mais tentant. Et si cela ne suffisait pas ? Car l&rsquo;essentiel de la Silicon Valley tient peut &ecirc;tre &agrave; sa culture si particuli&egrave;re. Cette culture que le journaliste du New York Times John Markoff a si bien analys&eacute; (What the Dormouse Said : How the 60's Counterculture Shaped the Personal Computer Industry, Penguin, 2005), et dont il montre parfaitement qu&rsquo;elle est un savant mix de contre-culture hippie, et d&rsquo;une approche originale du monde des affaires et de la collaboration. C&rsquo;est elle qui fait le terreau de l&rsquo;esprit d&rsquo;innovation de la Silicon Valley, et elle n&rsquo;est pas reproductible. 
Une Silicon Valley europ&eacute;enne ne pourra na&icirc;tre que si l&rsquo;Europe promeut, et sait valoriser, une vraie culture de l&rsquo;innovation. Un challenge passionnant pour une Europe qui se construit.</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>François Bourdoncle : Des lieux physiques, et rapidement</div>
    <div><i>Co-fondateur, en 2000, d'Exalead en 2000 pour révolutionner le monde de la recherche en entreprise. </i></div>
    <div>Nos soci&eacute;t&eacute;s occidentales sont en train d&rsquo;entrer de plein pied dans l&rsquo;&eacute;conomie de la connaissance, et nous allons assister &agrave; une r&eacute;industrialisation d&rsquo;un nouveau genre, dans une &eacute;conomie o&ugrave; la propri&eacute;t&eacute; intellectuelle tiendra un r&ocirc;le croissant par rapport aux biens manufactur&eacute;s. Une telle mutation est indispensable pour cr&eacute;er des emplois de qualit&eacute;, maintenir notre niveau de vie, et garantir une croissance durable qui ne soit pas le r&eacute;sultat de bulles sp&eacute;culatives destructrices pour le plus grand nombre. 
Cette nouvelle donne n&eacute;cessite des outils appropri&eacute;s, notamment des investissements massifs dans l&rsquo;&eacute;ducation, la recherche et l&rsquo;innovation. L&rsquo;Europe est tr&egrave;s bien plac&eacute;e pour la qualit&eacute; de son enseignement, mais ses entreprises innovantes sont tr&egrave;s dispers&eacute;es, notamment g&eacute;ographiquement, et la politique des &laquo; clusters &raquo; virtuels montre ses limites. 
Il est indispensable de cr&eacute;er tr&egrave;s rapidement des &laquo; lieux physiques &raquo; bien identifi&eacute;s permettant de rapprocher les start-ups, les entrepreneurs et leurs collaborateurs, pour atteindre la masse critique qui permet cet &laquo; effet d&rsquo;entrainement &raquo; qui est la marque de fabrique de la Silicon Valley.&nbsp; Ces lieux devront &eacute;galement &ecirc;tre &laquo; market&eacute;s &raquo; au niveau international, ce qui est un objectif &agrave; plus long terme. Il ne manque pas grand chose pour amorcer le processus : qu&rsquo;attendons-nous ?

&nbsp;</div>
    <br /><br />
</div><div>
    <div>Stéphane Distinguin : L’innovation, une culture populaire</div>
    <div><i>Créateur de faberNovel, agence d’innovation ; président Silicon Sentier (La Cantine) (photo : Stéphane Lavoué)</i></div>
    <div>La Silicon Valley n&rsquo;est pas industrielle. Silicon, puis logicielle, r&eacute;seau, biotech, plus r&eacute;cemment &laquo; green &raquo; et &laquo; clean &raquo; : elle est la Mecque de l&rsquo;innovation, le lieu o&ugrave; les id&eacute;es, les capitaux et le march&eacute; convergent. Le soleil se l&egrave;ve &agrave; l&rsquo;ouest.
La Silicon Valley est culturelle ! Il s&rsquo;agit d&rsquo;abord de comprendre comme sur les sublimes campus de Berkeley et de Stanford que l&rsquo;innovation est dans l&rsquo;action, et que le meilleur soutien au progr&egrave;s, c&rsquo;est offrir aux cr&eacute;ateurs les meilleures conditions de leur &eacute;panouissement. C&rsquo;est de l&rsquo;optimisme, de la confiance qui se d&eacute;veloppent sur une humilit&eacute; certaine, sans complaisance : comment imaginer que les experts identifi&eacute;s aujourd&rsquo;hui soient n&eacute;cessairement ceux de demain ? 
L&rsquo;innovation doit enfin, surtout, revendiquer le statut de culture populaire : il ne s&rsquo;agit pas que de science et d&rsquo;&eacute;conomie. La musique a bien eu sa f&ecirc;te, ses Zeniths, ses salles de r&eacute;p&eacute;tition, ses rock stars. Dans la Silicon Valley, l&rsquo;innovation a les siens.
Alors, si l&rsquo;innovation devient objet culturel, nous aurons les conditions et le public qui cr&eacute;era et&hellip; reconnaitra sa Silicon Valley en Europe. C&rsquo;est un enjeu pour tous sur un territoire, ce n&rsquo;est que tous ensemble que nous pouvons la construire et donc je ferais plus confiance &agrave; ma gardienne qu&rsquo;&agrave; un ministre pour l&rsquo;annoncer !

&nbsp;</div>
    <br /><br />
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    <div>Henri Isaac : Lever les freins et les obstacles, d’abord</div>
    <div><i>Directeur de la recherche à Rouen Business School, enseignant dans le Master « Industries de Réseau et Economie Numérique » (Polytechnique, Supélec, Telecom Paris, UPMC, Paris-Sud, Paris-Ouest Nanterre)</i></div>
    <div>Faut-il une Silicon Valley fran&ccedil;aise voire europ&eacute;enne ? Peu d&rsquo;hommes politiques, de quelque bord politique qu&rsquo;ils soient, n&rsquo;osent questionner ce mythe de la transposition de la Silicon Valley en France ou en Europe. Faut-il s&eacute;rieusement rassembler dans un espace g&eacute;ographique d&eacute;limit&eacute; des laboratoires, des entreprises, des bailleurs de fonds ? Rien n&rsquo;est moins s&ucirc;r !
La France a d&eacute;montr&eacute; dans le domaine du num&eacute;rique de tr&egrave;s belles r&eacute;ussites qui ne sont pas &laquo; territorialis&eacute;es &raquo; (Catia de Dassault Syst&egrave;mes, Kelkoo, Business Object, Pixmania, vente-priv&eacute;e.com, etc.). Ce qui manque aux start-ups fran&ccedil;aises, c&rsquo;est une capacit&eacute; &agrave; s&rsquo;imposer sur la sc&egrave;ne mondiale &agrave; l&rsquo;instar des nombreuses start-ups californiennes, dont Google est l&rsquo;arch&eacute;type. D&egrave;s lors, la question est plut&ocirc;t : que manque-t-il &agrave; notre continent pour imposer ses innovateurs sur la sc&egrave;ne mondiale ? Est-ce un regroupement territorial de type cluster ou p&ocirc;le de comp&eacute;titivit&eacute; mondiale qui donnera plus de chances de r&eacute;ussite &agrave; nos start-ups ? On peut s&eacute;rieusement en douter.
Il vaudrait mieux s&rsquo;int&eacute;resser aux freins ou obstacles qui emp&ecirc;chent nos innovations de s&rsquo;imposer sur la sc&egrave;ne mondiale. Est-ce une question culturelle, manag&eacute;riale, politique ? Certainement un peu des trois.
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    <br /><br />
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    <div>Youssef Hamadi :  Il faut reconnaître le potentiel d’une équation ou d’un algorithme !</div>
    <div><i>Chercheur en mathématiques appliquées (Cambridge), chercheur associé (CNRS)</i></div>
    <div>Le caract&egrave;re Jacobin voudrait croire qu&rsquo;une concentration extr&ecirc;me de moyens au sein d&rsquo;institutions scientifiques et techniques peut &agrave; elle seule reproduire le mod&egrave;le de d&eacute;veloppement de la Valley. C&rsquo;est oublier qu&rsquo;&agrave; cet endroit la cr&eacute;ation de valeur est assur&eacute;e par une classe unique de capitaux risqueurs souvent issus des institutions pr&eacute;c&eacute;dentes. 
Cette origine, au del&agrave; des simples facilit&eacute;s d&rsquo;interactions qu&rsquo;elle autorise assure le fond de culture scientifique qui permet par exemple de parier tr&egrave;s t&ocirc;t sur le potentiel d&rsquo;une &eacute;quation ou d&rsquo;un algorithme. Ce second ingr&eacute;dient est essentiel et contrairement au premier il ne se d&eacute;cr&egrave;te pas. En France, m&ecirc;me si la formation scientifique de base reste la voie d&rsquo;excellence pour l&rsquo;ensemble des carri&egrave;res, il subsiste une profonde s&eacute;paration entre le monde de la recherche et celui de l&rsquo;entreprenariat. 
Aussi, &agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; la Valley se r&eacute;invente aux travers d&rsquo;investissements massifs dans les green-techs, une Silicon Valley &agrave; la fran&ccedil;aise ne sera possible qu&rsquo;au prix d&rsquo;un rapprochement volontaire des principaux acteurs. </div>
    <br /><br />
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    <div>Eric Legale :  « On ne décrète pas la réussite d’un territoire » </div>
    <div><i>Directeur d’ISSY MEDIA, Société d’Economie Mixte chargée de la communication et des Technologies de l’Information de la ville d’Issy-les-Moulineaux</i></div>
    <div>Cela fait longtemps que beaucoup r&ecirc;vent de dupliquer l&rsquo;exemple de la Silicon Valley en Europe, et en France en particulier comme le montrent les exp&eacute;riences de Sophia Antipolis ou, plus r&eacute;cemment, de l&rsquo;&eacute;volution du plateau de Saclay. Pourtant, l&rsquo;exemple am&eacute;ricain devrait nous rappeler qu&rsquo;on ne d&eacute;cr&egrave;te pas la r&eacute;ussite d&rsquo;un territoire &agrave; partir du sommet de l&rsquo;Etat.
Un territoire, cela se travaille avec beaucoup d&rsquo;&eacute;nergie et de patience. Il suffit de voir comment une ville comme Issy-les-Moulineaux a doubl&eacute; le nombre de ses emplois en quelques ann&eacute;es, en accueillant des acteurs majeurs de l&rsquo;&eacute;conomie num&eacute;rique, comme Cisco, HP, Orange Lab, Microsoft et de nombreuses start up dans leur sillage. 

Issy est l&rsquo;une des rares villes &agrave; pouvoir s&rsquo;enorgueillir d&rsquo;avoir plus d&rsquo;emplois que d&rsquo;habitants. Issy s&rsquo;inscrit pourtant dans un territoire beaucoup plus large, englobant la capitale et l&rsquo;ouest parisien, o&ugrave; se concentrent les d&eacute;cideurs, et le plateau de Saclay, o&ugrave; se concentrent les grandes &eacute;coles. Apr&egrave;s tout, 80 km s&eacute;parent San Francisco de San Jos&eacute;, la capitale de la Silicon Valley. C&rsquo;est &agrave; cette &eacute;chelle qu&rsquo;il faut raisonner, selon moi.</div>
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    <div>Alexis Mons : Schumpeter versus Keynes : un débat toujours réel !</div>
    <div><i>Cofondateur et directeur délégué général, Groupe Reflect, agence de marketing interactif et relationnel
</i></div>
    <div>Des Valley il y en a d&eacute;j&agrave; pleins : Mecanic Valley, Cosmetic Valley, toutes sortes de clusters et autres p&ocirc;les de comp&eacute;titivit&eacute;s, mais pas de Silicon Valley &agrave; l'horizon ... Outre que je n'aime pas les copier-coller, je crains que la greffe soit difficile. 
Au pays de Schumpeter, la Valley s'inscrit dans le renouvellement permanent, aliment&eacute; par un enseignement de haut-niveau qui valorise l'entreprenariat, un capital-risque dynamique et de grandes firmes terreaux de talents. En Europe, nous sommes Keynesiens et pas sp&eacute;cialement enclin &agrave; br&ucirc;ler nos vaisseaux. En France, l'&eacute;cole et l'universit&eacute; se soignent, mais ne sont pas encore marqu&eacute; par la fi&egrave;vre de l'entreprenariat.
Aux lieux, je pr&eacute;f&egrave;rerai les r&eacute;seaux et les points de rencontre qu'ils suscitent. J'appr&eacute;cie pour ma part LIFT et je pense au Le Web de Lo&iuml;c Le Meur. Il faut d&eacute;j&agrave; gagner en visibilit&eacute; et en r&eacute;seaux, structurer l'&eacute;conomie digitale europ&eacute;enne pour esp&eacute;rer inventer la Valley d'ici. En attendant : tenacit&eacute; et patience ...
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    <div>Emmanuel Leprince :  Les clusters de pôles, les plus adaptés</div>
    <div><i>A créé, en 1989 et dirige depuis le Comité Richelieu, association française des PME innovantes</i></div>
    <div>D&eacute;cid&eacute;ment l&rsquo;Europe aime bien aller chercher ses mod&egrave;les aux Etats-Unis... Il faut dire que nous avons-nous-m&ecirc;mes beaucoup &oelig;uvr&eacute; en faveur d&rsquo;un Small Business Act europ&eacute;en. Mais en traversant l&rsquo;Atlantique, le dispositif am&eacute;ricain s&rsquo;est consid&eacute;rablement vid&eacute; de sa substance, et en particulier les 23 % de march&eacute;s publics attribu&eacute;s aux PME. 
Heureusement il y a aussi un verre &agrave; moiti&eacute; plein, puisque cette impossibilit&eacute; de transcrire directement le sch&eacute;ma am&eacute;ricain nous a amen&eacute;s &agrave; cr&eacute;er un dispositif original, le Pacte PME, tous comptes faits plus adapt&eacute; &agrave; notre culture europ&eacute;enne. En sera-t-il de m&ecirc;me avec la Silicon Valley ? Je le crois. 

L&rsquo;Europe d&eacute;veloppe actuellement un mod&egrave;le original de clusters de p&ocirc;les, bas&eacute; sur les structures collaboratives cr&eacute;&eacute;es localement et qui me semble r&eacute;pondre aux besoins d&rsquo;&eacute;changes &agrave; la fois locaux et globaux. Un mod&egrave;le plus adapt&eacute; &agrave; notre culture et &agrave; notre acquis, qui rendrait particuli&egrave;rement ardu la s&eacute;lection d&rsquo;une zone g&eacute;ographique pour cette Silicon Valley.
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    <div>Marcel Desvergne : Utiliser au mieux l’univers immatériel </div>
    <div><i>Président de l'AEC, Aquitaine Europe Communication, délégué Général de l’Université d’Eté de la Communication de 1980 à 2002</i></div>
    <div>Une vall&eacute;e permet de faire couler les eaux vers l&rsquo;oc&eacute;an que montagnes, glaciers, pluies procurent pour fertiliser plaines, villes et prairies. Il est toujours int&eacute;ressant qu&rsquo;une exp&eacute;rience r&eacute;ussie devienne un mod&egrave;le, qu&rsquo;une r&eacute;ussite financi&egrave;re et humaine soit per&ccedil;ue comme matrice mondiale.
La Silicon Valley s&rsquo;est cr&eacute;e en un temps o&ugrave; le &laquo; nuage num&eacute;rique &raquo; n&rsquo;existait pas. Elle participe certes &agrave; son d&eacute;veloppement mais le partage d&rsquo;informations, de comp&eacute;tences, d&rsquo;id&eacute;es que la soci&eacute;t&eacute; de la connaissance produit en ces ann&eacute;es 2010-2015 doit sans doute permettre aux d&eacute;cideurs politiques, &eacute;conomiques et universitaires de penser autrement la travail sur un site de type californien. 
La circulation &eacute;clat&eacute;e de notre monde num&eacute;rique doit permettre &agrave; des lieux &eacute;loign&eacute;s de construire les nouveaux produits et comportements de notre soci&eacute;t&eacute; &agrave; venir. Oui aux partages m&ecirc;me si les acteurs ne sont pas physiquement voisins. C&rsquo;est l&rsquo;application plausible de la cr&eacute;ation due &agrave; l&rsquo;extension de la culture des r&eacute;seaux sociaux. L&rsquo;objectif est sans doute d&rsquo;utiliser au mieux l&rsquo;univers immat&eacute;riel qu&rsquo;offre les capacit&eacute;s du num&eacute;rique.

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    <div>Denis Tersen : « Libérez ingénieurs et technologies … ! »</div>
    <div><i>Directeur général de l’Agence Régionale de Développement Paris Île-de-France</i></div>
    <div>Fascination pour la Silicon Valley&hellip; de P&eacute;kin &agrave; Saclay, l&rsquo;ambition affich&eacute;e de dupliquer. Concentration de la recherche, entreprenariat, financement de l&rsquo;innovation, culture du risque&hellip;et finalement si l&rsquo;on oubliait un &eacute;l&eacute;ment essentiel, qui fait le &laquo; g&eacute;nie du lieu &raquo;, le plus difficile &agrave; transposer. Avant d&rsquo;&ecirc;tre le royaume des &laquo; garages de l&rsquo;innovation&raquo;, la &laquo; Bay &raquo; a beaucoup donn&eacute; dans les &laquo; paradis artificiels &raquo;. 
Il y a eu le printemps des fleurs. Ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;ordre &eacute;tabli technologique qui est contest&eacute;, pour partie renvers&eacute;. L&rsquo;exp&eacute;rimentation a &eacute;t&eacute;, est aussi politique, sociale, &eacute;cologique&hellip;des r&eacute;volutions minuscules comme le disait la revue Autrement il y a 20 ans, mais qui font syst&egrave;me. Le creuset cr&eacute;atif o&ugrave; se dessinera la sortie de crise se situe dans cette rencontre. 
Innovation soci&eacute;tale et technologique ensemble : en Europe les pays nordiques montrent aussi la voie. L&rsquo;enjeu est essentiel pour la m&eacute;tropole francilienne qui a tant d&rsquo;atout pour r&eacute;ussir &agrave; sa fa&ccedil;on le m&eacute;lange : ne pas enfermer les ing&eacute;nieurs et les technophiles,&nbsp; mais les lib&eacute;rer, les immerger avec les cr&eacute;atifs, quelque part entre Paris et banlieue. &laquo; E=MC2 mon amour &raquo; !&nbsp;&nbsp; 
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    <div>Christine Balagué : Environnement géographique, culture, salaires des chercheurs</div>
    <div><i>Chercheuse à l’Institut Telecom-Telecom & Management et co-présidente du Think Tank Renaissance Numérique</i></div>
    <div>Une Silicon Valley en Europe? C&rsquo;est possible, mais &agrave; trois conditions. La premi&egrave;re est&nbsp; de cr&eacute;er un environnement g&eacute;ographique similaire &agrave; la Silicon Valley, o&ugrave; grandes entreprises, PME innovantes et meilleures universit&eacute;s cohabitent au m&ecirc;me endroit pour d&eacute;velopper des programmes de recherche de pointe. Le projet &laquo; Campus du plateau de Saclay &raquo; en France, visant &agrave; cr&eacute;er un p&ocirc;le scientifique de niveau mondial, est dans ce sens encourageant. 

La deuxi&egrave;me condition est un changement profond de culture : aux Etats-Unis, les entreprises collaborent r&eacute;guli&egrave;rement avec des laboratoires de recherche dans tous les domaines : sciences ; management et sciences humaines. En Europe, le m&eacute;lange des deux mondes est plus complexe, des r&eacute;ticences existent des deux c&ocirc;t&eacute;s. La clef de la r&eacute;ussite est donc dans un changement culturel o&ugrave; mondes acad&eacute;miques et industriels n&rsquo;h&eacute;sitent plus &agrave; travailler ensemble. 
Enfin, il faut attirer les meilleurs chercheurs mondiaux, ce qui suppose une r&eacute;flexion sur les incitations financi&egrave;res pour les faire venir. Aujourd&rsquo;hui, les &eacute;carts de r&eacute;mun&eacute;ration entre les Etats-Unis et l&rsquo;Europe n&rsquo;incitent pas les bons chercheurs &eacute;trangers &agrave; s&rsquo;installer en Europe. 
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    <div>Patrice Flichy : A la recherche d’une vision commune de la technologie</div>
    <div><i>Professeur de sociologie à l’université Paris-Est Marne la Vallée, Directeur de la revue RESEAUX, communication, technologie et société.</i></div>
    <div>Face &agrave; ce projet r&eacute;guli&egrave;rement &eacute;voqu&eacute;, il para&icirc;t tout d&rsquo;abord n&eacute;cessaire de rappeler que la cr&eacute;ation d&rsquo;un tel p&ocirc;le ne se d&eacute;cr&egrave;te pas. Les politiques publiques peuvent aider, accompagner, faciliter les coop&eacute;rations entre partenaires acad&eacute;miques et entreprises, mais l&rsquo;initiative doit reposer sur des partenaires locaux. 
Par ailleurs, dans la curieuse alchimie qui a rendu possible la Silicon Valley californienne, il y une dimension essentielle qui est insuffisamment &eacute;voqu&eacute; en Europe : le partage d&rsquo;une vision du monde commune. Dans les ann&eacute;es 1970, une partie des informaticiens universitaires estimait, comme les hackers, que l&rsquo;informatique pouvait devenir un outil de masse et que cette technologie pouvait s&rsquo;inscrire dans une soci&eacute;t&eacute; moins hi&eacute;rarchique, plus coop&eacute;rative, donnant plus de responsabilit&eacute; &agrave; l&rsquo;individu. 
Vingt ans plus tard, une nouvelle conviction appara&icirc;t, les technologies num&eacute;riques vont r&eacute;volutionner notre soci&eacute;t&eacute;, une nouvelle &eacute;conomie est en train de na&icirc;tre. Cette vision est largement californienne, et ce n&rsquo;est pas un hasard, si Wired a &eacute;t&eacute; &eacute;dit&eacute; &agrave; San Francisco. Ce n&rsquo;est pas &agrave; Bruxelles ou &agrave; Paris qu&rsquo;on lance une Silicon Valley europ&eacute;enne, mais d&rsquo;abord dans les t&ecirc;tes d&rsquo;acteurs qui partagent une m&ecirc;me vision de la technologie. 

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    <div>Nils Aziosmanoff :  Vers de nouveaux espaces immatériels humanisés ?</div>
    <div><i>Président du CUBE, centre de création numérique, président de NAVIDIS SA</i></div>
    <div>Le d&eacute;bat actuel sur le Grand Paris montre &agrave; quel point une Silicon Valley en Europe fait n&eacute;cessit&eacute;.
Mais que penser de politiques publiques encore essentiellement bas&eacute;es sur la logique de clusters territoriaux, &agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; d&eacute;mat&eacute;rialisation des produits et de la cha&icirc;ne de production, la mont&eacute;e en puissance du cloud computing, du saas, du paiement &agrave; l&rsquo;usage, des r&eacute;seaux sociaux et des usages participatifs, placent peu &agrave; peu chaque individu au centre de la cha&icirc;ne de valeur ?
Pour s'adapter &agrave; cette r&eacute;volution, la Silicon Valley du XXI&egrave;me si&egrave;cle doit &ecirc;tre pens&eacute;e avec ses excroissances virtuelles, et l&rsquo;Europe peut jouer une magnifique carte dans ce domaine. Apr&egrave;s avoir investi sur les infrastructures r&eacute;seau, elle peut innover dans la cr&eacute;ation &laquo; d&rsquo;espaces immat&eacute;riels humanis&eacute;s &raquo;, maillant sph&egrave;re publique et monde de l&rsquo;&eacute;ducation, de la recherche et de l'entreprise.
La convergence des technologies 3D, du web 2.0, des outils d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la connaissance et de g&eacute;o localisation, esquisse le formidable potentiel qu&rsquo;offrent les nouvelles formes de &laquo; territoires augment&eacute;s &raquo;, qui superposeront aux clusters territoriaux l&rsquo;infinie plasticit&eacute; des espaces virtuels.
Locale et globale, r&eacute;active et ouverte, la Silicon Valley du futur sera alors &agrave; m&ecirc;me de relever tous les d&eacute;fis ... si elle investit sur la dimension humaine, partageable et cr&eacute;ative de la sph&egrave;re virtuelle.</div>
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    <div>Laurent Benzoni :  Le plateau de Saclay, un bon candidat</div>
    <div><i>
Professeur d’économie à l’Université Paris 2, fondateur TERA Consultants (expertise économique)
</i></div>
    <div>La Silicon Valley ne proc&egrave;de pas d&rsquo;une alchimie complexe, dat&eacute;e et localis&eacute;e qui en ferait un eden de l'innovation technologique non reproductible. Pour preuve, c&ocirc;t&eacute; Est des Etats-Unis, une autre &laquo; vall&eacute;e &raquo; existe. Moins m&eacute;diatis&eacute;e : elle est aussi impressionnante de cr&eacute;ativit&eacute; technique et de vitalit&eacute; entrepreneuriale : c'est &quot;la route 128&quot;.&nbsp; 
Quel socle commun &agrave; ces deux p&ocirc;les au dynamisme si enviable ? Des centres universitaires et de recherche parmi les plus r&eacute;put&eacute;s et performants : Berkekey, Stanford ou Santa Clara, c&ocirc;t&eacute; Ouest, Harvard ou MIT c&ocirc;t&eacute; Est. Une Silicon Valley europ&eacute;enne ? Identifions et d&eacute;veloppons, le socle initial. En France : le plateau de Saclay est un bon candidat. Centres de recherches, infrastructures, culture d&rsquo;innovation, etc., il dispose du plus grand condens&eacute; de chercheurs en Europe. Une bonne base. 
Mais, l&rsquo;Europe ne doit pas reposer sur un seul pied, un second p&ocirc;le est n&eacute;cessaire : en France ? Trop pr&eacute;tentieux. Des Silicon Valley en Europe : Arl&eacute;siennes ? Certes, car on en a beaucoup parl&eacute; et on ne les a pas beaucoup vu. Un mirage ? Surtout pas. Un objectif &agrave; court terme ? Oui,&nbsp; mais le temps doit &ecirc;tre jug&eacute; &agrave; l&rsquo;aune des projets de ce type. 
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    <div>Patrick Bertrand : Le cloud computing, opportunité fantastique</div>
    <div><i>Directeur Général du Groupe Cegid, Président de l’AFDEL (Association Française des éditeurs de logiciels) </i></div>
    <div>Arl&eacute;sienne ? peut-&ecirc;tre ; mirage ? non ; objectif &agrave; court terme ? oui ... mais moyen terme pour y parvenir ! Pourquoi cet optimisme ? Car nous avons beaucoup d&rsquo;atouts : un contexte universitaire/&eacute;coles de haut niveau, un r&eacute;seau d&rsquo;infrastructures de grande qualit&eacute;, des expertises mondiales dans de nombreux domaines, un r&eacute;seau d&rsquo;investisseurs de proximit&eacute; qui s&rsquo;affirme, et un vrai tissu d&rsquo;entrepreneurs. 
Quel sera donc le catalyseur ? Croire que ce sera l&rsquo;action publique est une h&eacute;r&eacute;sie. Tout autant que de penser que le salut viendra de la seule dynamique des entreprises. L&rsquo;addition des facteurs, &eacute;l&eacute;ment-cl&eacute; de la r&eacute;ussite, reposera n&eacute;cessairement sur un projet concret f&eacute;d&eacute;rateur. Ce projet pourrait -devrait- &ecirc;tre la cr&eacute;ation d&rsquo;une centrale num&eacute;rique en France (cloud computing) : c&rsquo;est un enjeu majeur dans la cha&icirc;ne de valeur informatique de demain, qui n&eacute;cessitera la r&eacute;union de comp&eacute;tences diverses (infrastructures, calcul haute performance, logiciels, services,&hellip;), et une logique &eacute;conomique et strat&eacute;gique impliquant un v&eacute;ritable partenariat entre les industriels, les pouvoirs publics et le monde universitaire. 
Une opportunit&eacute; fantastique d&rsquo;une combinaison fructueuse des facteurs de r&eacute;ussite pour la cr&eacute;ation d&rsquo;une &laquo; Silicon Valley &raquo;, et donc quel formidable challenge !
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    <div>Yacine Aït Kaci : Terminée la Silicon Valley, tentons plutôt la Silicon Cloud !</div>
    <div><i>Co-fondateur, Electronic Shadow (plate-forme de design hybride)</i></div>
    <div>La concentration g&eacute;ographique perd de son sens. Pour se poser cette question, il faut tout d'abord s'entendre sur ce qui a fait le succ&egrave;s de la Valley, si ces &quot;recettes&quot; peuvent fonctionner dans un autre contexte et si finalement elles sont encore v&eacute;ritablement un objectif en 2010. Ce qui caract&eacute;rise de fa&ccedil;on impressionnante la Silicon Valley, c&rsquo;est la concentration dans une zone g&eacute;ographique limit&eacute;e de la plupart des acteurs les plus influents des technologies contemporaines mondiales. 
L&rsquo;histoire de la Silicon Valley ne croise pourtant pas celle d&rsquo;un &eacute;quivalent &agrave; notre commission europ&eacute;enne ou nos instances locales d&rsquo;&eacute;tat, c&rsquo;est un m&eacute;lange de conditions g&eacute;ographiques favorables, d&rsquo;universit&eacute;s particuli&egrave;rement pointues, d'un dynamisme des entreprises locales et du rayonnement de leur succ&egrave;s au niveau international. Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas une histoire purement am&eacute;ricaine puisque la moiti&eacute; environ des ing&eacute;nieurs, d&eacute;veloppeurs et cr&eacute;ateurs sont &eacute;trangers, notamment europ&eacute;ens, sans aucune barri&egrave;re linguistique et pour au final une r&eacute;flexion plus globale que locale. 
De fait, aujourd'hui, &agrave; l'heure de la d&eacute;mat&eacute;rialisation et du r&eacute;seau, la concentration g&eacute;ographique perd de son sens, la Silicon Valley d'aujourd'hui pourrait &ecirc;tre enti&egrave;rement virtuelle et d&eacute;localis&eacute;e, non plus une valley mais un Silicon Cloud qui est peut-&ecirc;tre la chance de l'Europe &agrave; moyen terme de faire coexister ses r&eacute;alit&eacute;s locales, ses langues et ses sp&eacute;cificit&eacute;s.
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    <div>Jacques Cremer :  Pas de Silicon Valley sans capital risque !</div>
    <div><i>Chercheur à la Toulouse School of Economics et Directeur de Recherche au CNRS.</i></div>
    <div>Une Arl&eacute;sienne. Les succ&egrave;s de la Silicon Valley, et de la route 128 autour de Boston pr&eacute;c&eacute;demment, ont &eacute;t&eacute; dus &agrave; la conjonction de nombreux facteurs, en particulier de grandes universit&eacute;s alliant recherche fondamentale, enseignement de pointe et recherche appliqu&eacute;e, une culture entrepreneuriale qui encourage la prise de risques, et une industrie du &laquo; venture capital &raquo;. 
La Silicon Valley viendra dans les pays Europ&eacute;ens qui auront r&eacute;ussi &agrave; mettre ces &eacute;l&eacute;ments en place ; pour la plupart d&rsquo;entre eux, c&rsquo;est un travail de longue haleine.&nbsp; </div>
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    <div>Xavier Lazarus : Unité de lieu, d'action, de temps </div>
    <div><i>Directeur associé d’Elaia Partners, fonds de capital risque spécialisé dans l’économie numérique. Avant de se dédier à l’investissement, il a été entrepreneur et chercheur en mathématiques.</i></div>
    <div>La m&eacute;thode employ&eacute;e pour cloner la Silicon Valley a &eacute;t&eacute; syst&eacute;matiquement de regrouper g&eacute;ographiquement diff&eacute;rents intervenants (pouvoir publics, acteurs financiers, soci&eacute;t&eacute;s innovantes, grands groupes technologiques etc.) et esp&eacute;rer que tous ces ingr&eacute;dients se combinent et r&eacute;agissent pour recr&eacute;er cette dynamique irr&eacute;sistible californienne. Espoirs syst&eacute;matiquement d&eacute;&ccedil;us et qui le resteront tant que l&rsquo;on ne comprendra pas que le mod&egrave;le de la Silicon Valley demande pour fonctionner non seulement une unit&eacute; de lieu mais aussi d&rsquo;action et de temps.

L&rsquo;unit&eacute; d&rsquo;action se r&eacute;sume dans le fait que la Silicon Valley ne vit qu&rsquo;au travers de ses start-up, de ses laboratoires et des cours du Nasdaq, le reste ne comptant que peu. Quant &agrave; l&rsquo;unit&eacute; de temps, elle implique que tous les acteurs vivent au pr&eacute;sent et au m&ecirc;me rythme ; elle est source de ce dynamisme, de cette spontan&eacute;it&eacute; et de ce sentiment d&rsquo;urgence que l&rsquo;on ne retrouve que rarement de ce c&ocirc;t&eacute; ci de l&rsquo;atlantique.

Ce mod&egrave;le social, seul &agrave; m&ecirc;me de faire fonctionner une Silicon Valley hors la Silicon Valley, semble h&eacute;las un peu trop simpliste pour notre amour de la complexit&eacute; et du pass&eacute; mais rappelons nous que l&rsquo;on a d&eacute;j&agrave; &eacute;crit en Europe de magnifiques histoires respectant ces trois unit&eacute;s.</div>
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    <div>Pierre Gattaz  : Il faut une stratégie industrielle !</div>
    <div><i>Président de la FIEEC (Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication) </i></div>
    <div>L&rsquo;Europe doit prendre conscience que pour exister, puis peser dans la comp&eacute;tition mondiale, elle devra mutualiser les comp&eacute;tences diss&eacute;min&eacute;es sur les territoires et mobiliser toutes ses ressources pour faire &eacute;merger de vrais clusters europ&eacute;ens bas&eacute;s sur des fili&egrave;res d&rsquo;acteurs strat&eacute;giques.

L&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une Silicon Valley europ&eacute;enne est conditionn&eacute;e par l&rsquo;&eacute;laboration d&rsquo;une v&eacute;ritable strat&eacute;gie industrielle. Les industriels des secteurs de l&rsquo;&eacute;nergie et du num&eacute;rique, r&eacute;unis au sein de l&rsquo;Orgalime, en sont conscients et m&egrave;nent r&eacute;solument les actions n&eacute;cessaires pour transformer l&rsquo;Arl&eacute;sienne en objectif court-terme. Ils travaillent depuis longtemps d&eacute;j&agrave; en &eacute;troite coordination avec la Commission europ&eacute;enne au sein d&rsquo;un groupe de haut-niveau appel&eacute; Electra qui a pos&eacute; les bases n&eacute;cessaires pour pr&eacute;parer l&rsquo;avenir.
Ce travail prospectif a permis d&rsquo;impulser et d&rsquo;amplifier la r&eacute;flexion &agrave; mener pour &eacute;tablir une strat&eacute;gie industrielle europ&eacute;enne dans un rapport dont les conclusions viennent d&rsquo;ailleurs d&rsquo;&ecirc;tre reprises dans une Communication de la Commission.
Ceci n&rsquo;est qu&rsquo;un d&eacute;but : peut-&ecirc;tre verra-t-on bient&ocirc;t l&rsquo;Arl&eacute;sienne ?&nbsp;</div>
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    <div>Jean-Louis Frechin  : Une "Valley" ou des "Salons" ? </div>
    <div><i>Fondateur et dirigeant de NoDesign.net, agence de design numérique.</i></div>
    <div>Pourquoi faire r&eacute;f&eacute;rence aux m&ecirc;mes concepts, et ce, de fa&ccedil;on r&eacute;currente. La France n'est pas la Californie, nos vall&eacute;es sont des plateaux, nos singularit&eacute;s nous &eacute;touffent. Pour nous remettre en marche, les &laquo; salons &raquo; des lumi&egrave;res du futur devront &ecirc;tre d&rsquo;une autre nature et r&eacute;pondre &agrave; d&rsquo;autres n&eacute;cessit&eacute;s... Nous avons la recherche, nous avons les grandes entreprises, mais nous avons perdu la cr&eacute;ativit&eacute;. Nous ne faisons plus r&ecirc;ver !
Nous ne savons pas transformer les technologies en opportunit&eacute; sociales. Nos entreprises n&rsquo;arrivent plus &agrave; proposer des usages d&eacute;sirables des technologies au grand public. L&rsquo;&eacute;poque est &agrave; l&rsquo;imagination d&rsquo;autres mod&egrave;les, agiles et l&eacute;gers; des constellations de &laquo; salons de cr&eacute;ation pluridisciplinaire &raquo;, centr&eacute;es sur ce que nous avons oubli&eacute; : l'invention, la conception innovante, l'imaginaire et l'esprit d&rsquo;entreprendre ouverts sur la soci&eacute;t&eacute; et parmi les hommes. Comprendre, expliquer, d&eacute;couvrir n'est pas innover. Il faut lisser et r&eacute;inventer le passage des labos aux propositions de produits et de pratiques. Notre enjeu sp&eacute;cifique est de r&eacute;apprendre &agrave; &ecirc;tre des cr&eacute;ateurs. N&rsquo;est-ce pas notre histoire ?

La finalit&eacute; des technologies doit &ecirc;tre repens&eacute;e. Nous saurons alors imaginer avec elles, le chemin de la soci&eacute;t&eacute;, du grand public et des produits, services et pratiques ad&eacute;quates, soutenables et d&eacute;sirables. Le design nous y aidera, alors, peut-&ecirc;tre nous ferons r&ecirc;ver &agrave; nouveau...</div>
    <br /><br />
</div>]]></description>
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      <title>Une Silicon Valley en Europe : Arlésienne, mirage ou objectif à court terme ?</title>
      <pubDate>Mon, 14 Dec 2009 00:00:00 GMT</pubDate>
    </item>
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