Accueil >  Le débat RSLN >  Grand emprunt et numérique : 2 milliards d’euros pour les contenus… mais lesquels ?
 
Alain-Marie Bassy
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Alain-Marie
Bassy
Inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, co-animateur de la cellule TIC des inspections générales
Une ingénierie pédagogique du numérique est nécessaire

Assez drôle cette lettre au Père Noël pour les grands enfants du numérique que nous sommes ! Mais allons-y, rêvons un peu ! La première chose à faire : cesser de raisonner en contenant et contenu, en hard et soft, en tuyau et fluide quand tout nous apprend aujourd’hui (et l’iPad encore récemment…) que ces deux là ne font plus qu’un.

Les « contenus » qu’on veut financer seront des dispositifs globaux, des média-services ou des systèmes interactifs associant outil et message, inscription et transmission, savoir et apprentissage, réalité et virtuel. Mais problème : on ne sait pas faire, du moins dans le système éducatif. Trop souvent, les logiques anciennes prévalent encore, tant pour les contenants que pour les contenus numériques. La numérisation des manuels scolaires en dit long sur ce point. 

Alors investissons plutôt dans la construction d’une véritable ingénierie pédagogique du numérique. Parions sur le « savoir-faire des savoirs » plus que sur d’improbables contenus. Cela suppose un triple effort financier : pour former à un métier aussi légitime que celui d’enseignant, pour soutenir des projets innovants de R & D, pour aider et accompagner dans sa reconversion progressive le secteur de l’édition et de la production de ressources pédagogiques. Un tel investissement promet quelque retour. L’ingénierie éducative est exportable. Plus que nos ancêtres les Gaulois (quoique deux d’entre eux.. !). 

 
 
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